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Vol. II.
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DÉFENSE

S’il n’ëtoit‘question que de la contrevallation Fojsa extetior seroit donc selon monCritique celui qui est entre le rempart & le fossé rempli d’eau. Mais en quel sens indi-queroit-on son emplacement par le mot interior; & n’est-il pas évident, que relative-ment à la contrevallation, le fossé rempli d’eau & dont César parle, seroit nécessài-rement foflà cxterior & non pas interior. Cet argument me paroit être au-deflùs detoute répliqué.

Je neveux pas'pénétrer à travers la Critique vague L mal combinée du Chevalier deJLo-looz, le fondement des reproches qu’il me fait de n’avoir pas connu la gradation rai-sonnée des travaux de César. Si ce grand homme dit qu’il fit creuser deux fossés, quibordoient de côté & d’autre les retranchemens, personne n’en concluera, qu’il les afait faire à la fois & en même temps. Lorsque César vint avec son armée en présencedu poste inattaquable de Vercingetorix, il commença, comme il le dit lui même, parse camper sur les hauteurs, & par établir ses redoutes dans les endroits les plus convena-bles, à l’entour de la montagne qu’occupoit l’ennemi. II fit joindre ces redoutes par deslignes de communication pour former le blocus, lorsqu’après le départ de la cavalerieennemie, il fut averti du plan de Vercingetorix & de l’arrivée prochaine d’une puifíàn-te armée de secours. Forcé pour lors à prendre de nouvelles mesures, il fit creuser-plus près de la montagne d’Alefia ce fossé perdu à fond de cuve, dans le dessein de res-serrer d’avantage les Gaulcys, & de se procurer la liberté de travailler aux autres grandsouvrages qu’il avoir projettes. Ce fossé achevé, il perfectionna fa ligne de contre-vallation, & fit ensuite travailler incessament à celle de circonvallation. Ce ne fut qu’a-près avoir achevé ces deux lignes, qu’il mit en œuvre toute son industrie pour embarras-ser le terrain, d’abord devant la ligne de contrevallation & puis devant l’autre.- Cetteprogression successive de travaux est clairement énoncée dans le texte, auquel le Cheva-lier de Lo-looz n’a rien compris. Aussi bat-il la campagne à tort & à travers pour sepersuader que César ne mit la main à la circonvallation qu’après avoir ajouté à fa lignede contrevallation, cette triple barrière qu’il décrit, & dont l’exécution exigeoitégalement, & du temps & beaucoup de travail; tandis que le bon sens & le texte indi-quent assez, que César ne pouvant pas lavoir quand l’armée de secours arriveroit,dut premierement s’attacher à finir ce qui étoit le plus pressant & le plus nécessaire, letravail des deux lignes, avant d’y ajouter toutes les chicanes dont il donne la description.

En jettant les yeux sur la carte on verra comment Cé|àr a pu remplir le fossé de lacontrevallation dans la plaine & dans les bas-fonds. Les deux petites rivières, lui enfournifíoient de reste les moyens ; il n’avoit qu’à en arrêter le cours à leur entree dans cefosse, & leur ménager Pécoulement du côté de la Brenne, dans laquelle elles se déchar-gent. On y voit aussi comment une partie de cette ligne de contrevallation passoit parla plaine & l’autre par dessus les hauteurs où César avoir bâti ses redoutes. C’est ici où lafituation des lieux, telle qu’elle est dépeinte dans la carte de Cassini, m’a paru se prêter ad-mirablement bien à la description de César. En conséquence de ces indications, j’ai dres-sé aussi le plan qui diffère de celui de M. d’Anville, principalement en ce qu’une par-