Band 
Vol. II.
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D É F E N S E

Voy« le

Profil rieH. XV.

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Le rempart même derriere les fossés dans Fune & dans l’autre ligné, avoir douze piésde haut. César diílingue encore ici Agger & Vallus. Aggerem & Vallum, dit-ilXII pedum (xjlruxit, & on voir qu’il entend ici par Agger le terreplein ou la massedu rempart, & par vallus la haye des palissades plantées lur la berme, & au pied de cem â me rempart. J’ai allez prouvé contre les frivoles objections du Chevalier de Lo-loozque le terme de Vallus quoique distingué ici de Y Agger , ne renferme pas toujours l’idéed’un simple palilsadement, & qu’il ne dénote pas moins le rempart même dans les oc-«afiQns où il est employé seul. Le rempart étoit ici surmonté d’un parapet fait en par-tie de clayes, & en partie de bois de charpente. Le mot àe Plutei autrement le nomde Mantelets dans les sieges, employé ici &c ailleurs par César pour le synonyme de Lo-rica rend F idée dune pareille construction. Plutei dit Festus, font des clayes revetuësde peaux crues*qu’on met devant les soldats qui travaillent. On donne aujft aujour-d'hui ce nom aux planches dont on fait /’ enclos de quoi que ce soit. Les parties éle-vées entre lescrénaux du parapet étoient les Pinnce, & du bas de ce parapet sortoitdans toute Fenceinte cette fraise de palissades avec leurs branches taillées en pointessemblables aux bois de cerf, dont elles tiroient leur nom.

César ayant fini les deux lignes du côté de la ville & de la campagne, jugea à pro-pos pour leur donner encore plus de force & de défense, de rendre leur abord d’une diffi-culté extrême. Il imagina pour cçt effet, cette triple barrière qu’il décrit avec beau-beaucoup de clarté, & dont on ne sautoir s’empêcher d’admirer le plan & Fexécution.C’étoit d’abord un fossé de cinq piés de profondeur devant Fune & l’autre ligne, danslequel il fit planter cinq rangs de troncs d’arbres, ou de fortes branches aiguisées par lo* bout & liées ensemble par le bas: puis au devant de cette forte barrière, huit rangs defossés ou de puits de trois piés de profondeur rangés en quinconce, à la distance de troispiés l’un de l’autre. Dans chacun de ces fossés qui se rétrécissoient insensiblement de-puis le haut jusqu’au fond, il planta des pieux-ronds de la grosseur de la cuisse brûlés& aiguisés par le bout, & qui ne sortoient du fond qu’à la hauteur de quatre doigts; &au devant de tout cela il sema une immense quantité de chausse - trappes ou d’aiguillons.En donnant le détail de tous ces ouvrages dans mes mémoires, j’ai relevé quelques-unes des méprises qui étoient échappées à ce sujet aux commentateurs. Le Chevalier deI.o-looz a jugé à propos pour soutenir sa gageure de ne pas en profiter, & c’est la rai-son pourquoi on voit dans son plan, les piégés appelles par les légionaires Ceps & Lysreprésentés d’une maniéré toute opposée à la description que César en fait; & même cesaiguillons & chausse - trappes ' remplir tout F espace entre la ligne & le foflë perdu, COn-çj-g toute vraisemblance, & sans que le texte autorise cette extravagance.

Après avoir achevé la description des deux lignes, César expose les raisons qui Fa-soient engagé à y ajouter encore au dehors les ouvrages mentionnés. Quare ad hcecrurfus Optra addendumCcefar putavit, quo minore numéro militum munitiones defendipoffent Ayant ensuite détaillé ces mêmes ouvrages de la maniéré qu’on vient de lire,jil poursuit: ílis rébus perfedis . pares ejusdem generis munitiones diverfas ab his