DES MÉMOIRES MILITAIRES. $ 03 .
contra exterìorern hcfiem perfecit. Ce travail fini, il fit faire des ouvrages de la mí-me espece du côté opposé contre Iennemi du dehors. Croiroit-on bien que les commen-tateurs eussent pu rapporter ces paroles pares eiusdem generis munitiones, des ouvragésde la même espece aux deux fossés de l’une ou de l'autre ligne & au rempart, & nonaux ouvrages dont la description précédé immédiatement ? Le goût pour le merveilleuxleur ayant fait méconnoître le vrai sens, ils ont pris en conséquence de cette, erreur lesdeux fossés pour ceux de la feule contrevallation, & en ont placé deux semblables à lacirconvallation, de même que ce fossé perdû à fond de cuve encore à 400. piés enavant du côté de la campagne. Tout ce que j’ai dit sert à réfuter cette explication;mais comme le Chevalier de Lo-looz s’est mis fur les bancs de ces commentateurs, poursoutenir contre l’opinion même de son héros l’interprêtation de ces mots pares ejusdemgeneris munitiones, je ne saurois me dispenser d’examiner son raisonnement.
Mais je défie le plus clairvoyant de pénétrer dans la dialectique de mon critique,ou de résumer un de ses argumens. Il dispute sur la gradation des travaux de César,que je n’ai pas contestée, & je ne conçois pas la conséquence qu’il en tire, c’est que lesmots pares ejusdem generis munitiones ne font pas ici relatifs aux seuls ouvrages de de-hors, Mais, dit-il, on parviendra à la fin à convaincre M. G. par la fuite de lanarration : puisque César dit qu!à la seconde attaque de la ligne de circonvallation ,Romanorum manus tantis munidonibus dillinetur, nec facile pluribus locis occurrit,ce qui signifie que les Romains avoìent un fi grand développement de lignes à défendre ,qu' il leur étoit impossibled être en force partout. M. G. peut-il ne pas fie rendre àl'évldence , & reconnaître enfin que y? pares ejusdem generis munitiones ne désignent quedes chicanes comme il le prétend, il y ale contre sens le plus formel dans son opi-nion ; puisque ces chicanes auroient produit un effet oppose à celui que César ditavoir été défavorable aux Romains ?
Est-il possible de raisonner de cette maniéré? íi les mots pares ejusdem generis mu-nitiones dénotent ici les ouvrages du dehors que César fit faire, s’eníuit-il donc que dansle reste du récit le terme général de munitiones ou de fortifications ne puisse être aussiappliqué à d'autres ouvrages. Munitiones signifie chez les Latins toutes sortes de tra-vail qui fortifient un poste contre l’attaque de l’ennemi. Le rempart, le fossé qui leborde, aussi bien que celui de cinq piés dans lequel e'toient les troncs d’arbres avec leursbranches, précédés de huit rangs de puits & de chauflè-trappes, étoient tous ensembledes munitiones ou des retranchemens de différentes eípeces : ainsi fi César dit Romano-rum manus tantis munitionibus defiinetur, nec facile, pluribus locis occurrit : Les sol-dats Romains avoìent de fi grands retranchemens q défendre qu’ils ne pouvoient êtreenforçe pttr tout , qui trouveroit bien dans ces paroles le contre-íèns dont mon critiqueparle, par la raison que tantôt César avoit donné le nom de fortifications ou de muni-tioncs à certains ouvrages de dehors.
Le critique après avoir rassemblé inutilement plusieurs passages du récit de Césarob le terme de munitiones signifie généralement des retranchemens, dit bien à la fin,