DES MÉMOIRES MILITAIRES.
laquelle j'ai crû qu’on avoir eû recours dans cette occasion. Les cohortes poiívoientfort bien auísi avoir été fur dix hommes de hauteur & avoir suivi la même méthode queje propose, moyennant certains changemens qu’il n’est ni possible ni nécessaire de dé*terminer avec précision.
Le Chevalier de Lo-looz qui íe pare à tout moment du grand mot de Code Ro-main, trouve encore que la manœuvre que je propose y est contraire. Voici ion ar-gument. V'ne légion se divisait en dix cohortes, chaque cohorte avoit son Enseigne
particulière. Détachant ainsi par révolution supposée le tiers de chaque cohorte , ils'enfuit que ce tiers ait été fans enseigne f & qu’on yoit de cette maniéré séparé ce quin'avoit de force que dans son ensemble. Que ce raisonnement décéle le peu de con-noiíîànce qu’a mon critique de ce même Code Romain dont il parle tant. II est consta-té par cent témoignages des auteurs, que du temps de la République, chaque manipule& même dans la fuite chacune des six centuries de la cohorte avoit son Enseigne parti-culière. Seulement on n’étoit pas d’accord si la cohorte avoit encore pour lors son Voye* ’!«•Enseigne à part, & la chose est douteuse. Mais du moins est-il bien certain, que danschacune des cohortes qui combattirent ici fous César, il y avoit six Enseignes, savoir ^Mr. leautant qu’il y avoit de centuries; de forte que rien n’empêche, que le tiers de la co- BeaudansJehotte étant séparé, il y eût deux Enseignes qui raccompagnassent, & que dans l'ex-tension de la ligne il ne se trouvât encore le même nombre d'Enseignes distribuées, fur p ,g. aîl *.toute la ligne, avec la feule différence peu essentielle que les íix centuries n’étoient plus desMém. <f«d’une même cohorte. II seroit facile de concilier la réunion des centuries avec cet ■ n ^ c c * d ****écoulement des rangs du milieu, s’il valoir la peine d'entrer dans de pareilles discussions.
Au reste dans une occasion si preííàhte, on se soucioit bien peu' de quelques déran-gemens dans la disposition intérieure des cohortes & je n’ai qu’à me prévaloir de ceque Tite Live dit des troupes Romaines : Rotnana acies distinctior , ex pluribus par -tibus consians ; facilis partienti, sacilis jungenti.
Hirtius dit, qu’après le prolongement du front de la bataille, César ordonna auXcohortes de faire alternativement un demi tour, de façon que les unes se trouvassentdevant, & les autres derriere les Enseignes. II m’a paru, que cette circonstance donnoitun degré de certitude à l’idée de la manœuvre que j'a vois proposée comme une conjec-ture. Il est hors de doute, que les Enseignes étoient ordinairement placées au centredes cohortes, & j’ai assez réfuté les frivoles argumens de mon critique qui les supposoitdans les premiers rangs, lorsque dans mas mémoires fur la guerre d’Elpagne j’avois àparler des soldats dits Antesignani, nommés ainsi pour avoir été dans les rangs quiprécédoient celui où on plaçoit les Enseignes. Dès qu’on admet cette vérité, on nepourra se faire une idée claire de ce que Hirtius dit, que les cohortes se trouvoient' al-ternativement les unes devant, & les autres derriere les Enseignes, qu’en adoptant leiévolutions que j’ai proposées. Le demi tour fait par la moitié des cohortes, après1 écoulement des rangs du milieu, & les derniers rangs s’étant avancés pour remplir leY uide que ceux-ci avoient laissé, il est clair que les Enseignes qui avoient été autrefoisTome IR. V V V
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