Band 
Vol. II.
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DES MÉMOIRES MILITAIRES.

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découvrir quelque flanc, & 'de l’exposer aux traits des Numides, ainsi que l’inaction for-cée des legionaires qui depuis longtemps ne faisoient que se couvrir de leurs boucliers ;& il reconnoîtra bientôt que dans ces circonstances rien n’auroit été plus impratiqua-bîe, ni plus dangereux qu’une disposition qui auroit laissé des intervalles de soixante deuxtoises entre chaque cohorte, fur le front de chacune de ces deux nouvelles lignes. Lors-qu’on fait que l’infanterie Romaine n'avoir d’autres armes pour atteindre de loin l’en-nemi que le Pilon qui ne portoit qu’à dix ou douze pas, on comprend quel dut êtreson embarras 6c quel danger elle courroit, ayant à faire à un ennemi leste & nombreux,comme étoient ces Numides, qui pouvoient impunément «'approcher de la ligne de prèsde quinze pas, se présenter tantôt de front, tantôt en flanc & sur les derrières, & refu-ser toujours d’en venir aux mains. Dans ces rencontres dont il y a plusieurs exem-ples dans l’histoire Romaine, on avoit l’expédient de marcher le plutôt possible sur 1»corps de pareils ennemis, en disposant les troupes de façon que pendant la charge, el-les n’eussent rien à craindre pour les flancs, & qu' elles ne fissent que peu ou point devuides fur le front de leurs attaques, afin d'ôter à l’ennemi le moyen de se glisser dansles intervalles.

II n’est donc nullement probable que César ait pu en présence des Numides ouvriraisément ses deux lignes avec d’aussi grands intervalles que le Chevalier les suppose. Aussisentant assez lui même l’incongruité de cette disposition, il a cru pouvoir y remédier enfaisant remplir par les archers les vuides qui étoient entre les Cohortes. Mais ces archer*etoient en si petit nombre, qu’en occupant trente six intervalles chacun de soixante deuxtoises, ils n’y auroient été que pour la forme, & certainement très peu en état de ga-rantir les flancs des Cohortes contre tous ces Numides qui rodoient continuellement au-tour des lignes pour saisir la premiere occasion de les entamer.

Hirtius s’exprime en mcme temps avec tant de clarté fur la destination de la cava-lerie de César, qu’il n’y a qu’un Chevalier de Lo-looz qui puisse s’y méprendre. II diten commençant le récit de cette action, que César croyant à l’approche de T en-nemi, qu’il n’auroit à faire qu’à la seule infanterie au centre, & à la cavalerie aux ai-les, avoit fait des dispositions analogues à cette opinion, en plaçant aussi ses Cohor-tes au centre & ses cavaliers à la droite & à la gauche, equitatum dextro Jìnifiroquccornu opponit . II est clair que Iiirtius ne fait cette remarque que pour rendre raisonde ce que César ayant à combattre un ennemi qui avoit entremêlé de cavalerie toute faligne, n’avoit pas d’abord disposé la sienne de la maniéré la plus propre à s’y opposer.II en arriva aussi, à ce qu’il dit, que les escadrons Numides attaquant son infanterie,les legionaires en chargeant à leur tour resterent nécessairement en défaut, ne pouvantpas poursuivre leurs avantages ni garantir leurs flancs. Maintenant les circonstancesayant forcé César à changer son ordre de bataille, Hirtius dit qu’il chargea l’ennemi,non comme auparavant avec la cavalerie aux ailes, mais entremêlée avec son infanterie:Equitibus intrinfecus cum peditatu. Le mot Inlrinfecus est nécessairement relatif kcelui d'extnnfecus au dehors de la ligne comme est l’emplacement de la cavalerie aux

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