5i4 DÉFENSE
aîles. Mon Critique pour satisfaire au sens de cette expression dit dans fa paraphraseque la cavalerie resta en potence, en dedans des deux lignes pour couvrir les flancs& les derriere de F infanterie. En conséquence de cette interprétation son plan la re-présente placée aux ailes, & fermant exactement ^intervalle d’une ligne à l’autre. Elley resta selon lui sur la défensive pendant le temps que les deux lignes d’infanterie chargè-rent l’ennemi, afin de mettre leur dos & leurs flancs en sûreté. Comment mon criti-que a-t-il pû se persuader qu’on lui pafleroit la contradiction manifeste, qui se trou-ve entre cette disposition L les propres paroles de Hirtius ? L’auteur dit : e-quitibus in-trinfecus adortus cum peditatu , il attaqua avec fa cavalerie placée en dedans de laligne conjointement avec l'infanterie. Il le répété bientôt en disant: Idem altérapars equitum pediturnque Cœfaris facit, la même chose fût exécutée par Vautre partiede fa cavalerie & de son infanterie, & dans le chapitre suivant: Cohortibus equitibuscircumdatis cohortatus imperat, ut uno iâu contenderent. II ordonna à fa cavale-rie & à fes Cohortes, qui en étoìent flanquées, après les avoir animées au combatde charger à la fois d'un même choc. Qui pourroit croire avec le Chevalier que toutesces expressions signifient que la cavalerie resta en potence & fur la défensive, pendant quel’infanterie fut feule à la charge? Mais c’est ainsi que le Chevalier interprète son auteur.Rien n’est cependant plus plaisant, que de le voir faire le Grammairien pour accommo-der le sens du texte à fa fantaisie. Si la ligne, dit-il, avoit été mêlée de cavalerie(f d'infanterie, la cavalerie eût alors chargé de même front ; 0 pour exprimer la pré-position , cum eût nécessairement précédé equitibus intrinsecus. J’ose le dire, les éco-liers n’ignorent pas Pusage commun d’omettre cette préposition sans préjudicier au sens.Je lui en citerois cent exemples tirés des meilleurs Auteurs & de César même; * ) maisl’objet n’en vaut pas la peine.
Dès le moment donc que César fit changer alternativement le front à ses Cohortes,il n’est pas douteux que fes deux mille chevaux ne se soient austi placés à portée des in-tervalles qui dévoient naître entre les cohortes, dès qu’elles partoient de deux côtés, &qu’elles s’élancoient pour charger Pennemi. Le fait est indubitable; mais Hirtius n’expli--que pas plus de quelle maniéré cette cavalerie se partagea en petites troupes, & com-ment elle se distribua dans les intervalles des Cohortes, qu’il ne détaille par quelles évo-lutions on avoit exécuté le grand prolongement du front de la bataille. Suivant lesparoles du texte la cavalerie ayant été placée aux aîles fur le même front que Pinfanterie,tacha d’abord, en s’élargissant autant qu’il étoit possible, de s’opposer au dessein qu’avoitl’ennemi d’envelopper 1 armée; mais voyant à la longue que trop peu nombreuse elle nefaisoit que de vains efforts, elle se replia peu à peu, paululum loco cejjìt, & resta en, troupes fur les flancs de Pinfanterie, protégeant toujours par cette position le prolon-gement de la ligne. César ayant à la fin réussi à séparer Penceinte de l’ennemi, il dis-posa sa ligne pour la charge générale.
*) Bel, Gai, H *9- Subfequebantur omnibus omnibus copiis auxilio venerunt. V. les notes d’Ou-
topiis ; ibid. omnibus copiis provolaverunt. Ch. 44. dendorp fur César, de bel. G. II. 7 .