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Vol. II.
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DES MÉMOIRES MILITAIRES. 535

de Tordre de bataille des deux arme'es & de le garnir d’une double échelle de soninvention, peut-être très bonne partout ailleurs, mais la plus impertinente Lt la pl«§inutile qu’on puisse imaginer dans cette occasion.

Hirtius ayant exposé la disposition de César par rapport à son infanterie, rapport*aussi les arrangemens qu’il fit avec la cavalerie. On a vû qu’elle étoit tout au plus dedeux mille neuf cens chevaux & par conséquent inférieure de beaucoup en nombre àcelle de son ennemi. Cependant il la jetta toute à l’aîle gauche ( 16.) pour Topposer àcelle de Tennemi, & plaça de gros pelotons d'archers, avec d’autres gens de traits, der-rière les intervalles des escadrons.

César qui ne pensoit qu’à assurer cette gauche qui étoit en l’air, contre les forcesconsidérables que l’ennemi avoit fur íà droite, s’avisa ici, pour mettre sa cavalerie àTabri d’être renversée & battue, d’un expédient très remarquable, ce fut de la soutenir& de la protéger par toute la cinquième légion qui étoit une de celles en qui il avoit leplus de confiance.

Si Hirtius dit prœjìdìo his cquìtìbus legiontm V prœmiferat , il faut méconnoîtreabsolument Tissage des termes d’une langué'pour soutenir que prœmittere puisse signifiermettre en arriéré comme le Chevalier le fait, & comme il Texprime dans son plan & dansson exposé. Les fubjìdia dénotoient ordinairement les troupes qu’ on plaçoit en se-conde ligne & en réserve; Le mot prœfìdia renfermoit déjà en lui même la significationd’un corps différent de ce qu'on appelioit fubjìdia. *). Mais Hirtius pour ne pas lais-ser de doute sur la signification de ce terme, le détermine le plus clairement du mondepar l’addition du mot prœmiferat , il mit en avant. En conséquence du sens naturel decette expression César plaça donc cette cinquième légion devant sa cavalerie dans lavue de la protéger.

Il ne paroit pas non plus, comme le croit mon critique, qu’une telle position soit ab-solument contraire à Tidée qu’on doit avoir de Thabileté de César. Car il est certainque Tinfanterie légionaire tant qu’elle étoit postée, en imposoit si fort à la cavalerie,que celle-ci non seulement n’osoit Tentamer, mais qu’elle prenoit ordinairement la fuite,dès qu’elle la voyoit marcher à íà rencontre. L'histoire militaire de Ceíàr en fournit plu-sieurs exemples. Supposez donc que les cohortes de cette légion se fussent postées parintervalles, en partie devant le front & en partie fur le flanc de cette cavalerie, (17.)position que le sens du terme prœfidio prœmiferat n’exclut pas, qui doutera que par cemoyen César ne balançât la supériorité de la cavalerie de Tennemi? Si à Pharsaíes les sixcohortes destinées au même but se trouvèrent a Textrémité de l’aîle de Tinfanterie, onne sautoir en conclure, qu’elles fuílent placées ici de la même maniéré.

Mon critique veut que la légion fut rangée en trois lignes derriere la pointe del’aîle de la cavalerie. Mais un tel emplacement ne fut-il pas même manifestement con-traire au texte, ne paroit-il pas évident que cette infanterie rassemblée en trois lignes

*) Fcstus : prcefidium ejt quod pro utilìtate & falute alimius auxilii gratia prceponitur : subjidìumquod pofipojìtum eft ad subvenìendum laborantibut.