DES MÉMOIRES MILITAIRES. *37
de César pour lui prêter le flanc. On n’a qu’à comparer le récit de sauteur avec monplan pour s’appercevoir qu’elle ri’avoit à passer ni ravin ni marais pour s’avancer du côtédu camp dont Hirtius parle, & que loin de prêter le flanc à la pointe de l’aîle de César,ce fut une petite partie des troupes de celui-ci qui, comme rhistorien le dit expressément,franchit le marais pour la joindre. J’ai rendu raison dans mes Mémoires de toutes lescirconstances de ce terrain, dont le Chevalier ne s’est écarté, que pour brouiller lesidées les plus claires & les plus nettes que nous a données Hirtius de cette journée.
CHAPITRE XII.
De la maniéré dont les Romains comptaient les heures du jour , & du rap-port des époques exprimées dans les commentaires de César avec le ca-lendrier réformé.
L e Chevalier de Lo-looz cherchant avidement dans mon analyse de la campagnede César en Afrique quelque nouveau sujet de critique, a trouvé à sa grande satis-faction fans doute, qu’en parlant de l’expédition de César à Zêta en Afrique, j’avoisdit que ce grand homme, étant parti le matin à quatre heures & revenu au camo à septheures du soir, avoit employé treize heures à certe expédition. II ne falloit que comp-ter les heures écoulées entre ces deux termes pour s’appercevoir qu’on doit lire quinze aulieu de treize heures, & je fuis persuadé que tout lecteur tant soit peu indulgent se seroitcontenté de ne relever en cela qu'une faute d’inadvertance, ou même d'impreílion trèsaisée à corriger. Mon critique trop charmé de íà découverte n’a pas jugé à proposde m’en faire grâce. II fait les frais de trente fíx mortelles pages remplies de tout cequ’il fait & ne fait pas de géographie, d’histoire & d’astronomie pour prouver que Cé-sar employa quinze de nos heures à cette course, que ce ne fut point à quatre heuresdu matin mais à trois qu’il partit, & qu’il revint à flx heures & non à sept.
On sait que les Romains régloient leurs jours & leurs nuits, fur le lever & le cou-cher du soleil, que les jours étant plus longs en été qu’en liyver, leurs heures qui étoienttoujours la douzième partie du jour, dévoient par conséquent augmenter & diminuer dansleur durée, selon le temps que le soleil restoit sur lTIorizon, & que ce n’étoit qu’au tempsdes équinoxes, où le jour artificiel est égal à la nuit, que les heures du jour & de la nuitétoient égales entr’elles. On fait encore que les Romains partageoient le jour & la nuiten quatre parties égales, chacune de trois heures, & que les quatre parties de la nuitétoient appellées les quatre veilles, que minuit dans toutes les saisons, étoit au com-mencement de la troifieme veille, ainíi que midi, au bout de la sixième, & au commen-cement de la septième heure du jour.
S’il importe donc de savoir au juste, à quelle heure du jour répond selon notremaniéré de compter, telle heure indiquée par sauteur ancien, il faut connoître la datede sévénement, & la combiner ayec la latitude du lieu où il est arrivé, pour trouver àquelle heure le soleil sy leve ce jour là, & combien de temps il reste fur l’horizon»Tome iv Y y y
Rech. d’An-tiq. Mil. III.
De Bel Afr.Ch. S 8. &c.