DÉFENSE
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Mais comme cette guerre d’Afrique se fit précisément dans Tannée de confusion, &que les dates marquées par Hirtius ne répondent pas à Tordre des jours de notre calen-drier réforme', je m’étois dispensé, en écrivant mes mémoires, de faire pour lors delongues recherches fur ce sujet, croyant avoir suffisamment satisfait à la curiosité deslecteurs, en leur marquant la durée de Texpédition, puisqu’au fond il importoit fortpeu que César fût parti de son camp une heure plutôt ou plus tard.
Ayant donc marqué ainsi & seulement au hazard les heures du départ & du retourde César, le Chevalier s’est donné la peine d’éplucher tous ces manques de précision, &a remarqué que déterminant à quatre heures du matin le commencement de la quatrièmeveille, j'ai dû sentir que chaque veille étant une des quatre parties aliquotes de la nuitcntiere, il falloit que la nuit comme au solstice d’hyver fût de feì\e heures, &qu’ainfi le soleil s'étant couché à quatre heures, la premiere heure de nuit ne peutêtre par conséquent la septieme heure du soir de notre horloge. Cette remarque estfort juste, & quoique je puisse dire que ce ne fut pas proprement au commencement dela premiere veille que César décampa, j’aime mieux me rendre au raisonnement de moncritique, & avouer ma méprise. J’avoue encore, qu’ayant varié dans un endroit demon analyse dans la réduction des milles Romains à la mesure de nos lieues, j’ai manquéde justeíîè, & que j’aurois mieux fait de conserver la mesure de mille pas Romains,employée par fauteur latin & dont Mr. d’Anville a de'cerminé l’e'tendue avec toutela précision possible.
Mon critique en se bornant à ces réflexions auroit consulté les intérêts de fagloire, dont il paroi t si avide; mais sentant ie peu d’importance de sa critique il s'ef-force d’injéreíser le lecteur par l’exposé d’une nouvelle opinion sur un objet qui de touttemps avoit donné de Toccupation aux littérateurs. Puise le voeu de mon coeur, dit-il, exciter le {ele des savans à me faire part des lumières qui me manquent pour lesparties que je vais discuter !
Le précis de son paradoxe est, que César & Hirtius, en marquant les dates de cer-tains événemens arrivés du temps du vieux calendrier, les avoient changées & ramenéesdans leurs écrits à Tordre des jours établi dans le calendrier réformé. 11 seroit d’unegrande importance pour toute la chronologie, que cette découverte fût fondée, maismalheureusement, on n’en a jamais fait qui le soit moins que celle-ci.
Mon critique, raisonnant furie temps où César écrivit ses commentaires, con-damne l’opinion d’Ablancourt qui s’imagina que César écrivoit chaque soir ce quis etoit passé pendant la journée, & prétend avoir des preuves bien convainquantes, quece ne fut qu’après avoir terminé la guerre, ou comme le dit par une licence plus que poé-tique Fhabiie Chevalier, après avoir fermé le temple de Janus que Ceíár prit la plume.Ses preuves font telles qu’il ne faut que les rapporter pour en faire sentir la foiblefîe.Hirtius après avoir dans fa préface du huitième livre des guerres des Gaules exalté la di-gnité & i’élégance des commentaires de César, dit qu’on auroit bien plus lujet de lesadmirer, si on lavoit comme lui, avec quelle facilité & en combien peu de temps, il