DES MÉMOIRES MILITAIRES,:
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Le doute que j’avois marqué dans mes mémoires fur la réalité de cette musique mi-litaire, n’étoit donc pas aussi mal fondé que mon critique le prétend. Mais qu’importeque cet usage ait été généralement reçu des anciens, ou non. L’idée du Maréchal deSaxe ne perd pour cela rien de son mérite, &, si l’expérience en démontre la bonté, qu’a-t-on besoin d’exemples? Au reste, quand ce ne feroit que .des seuls Lacédémoniens,qu’on lauroit, à n’en pouvoir douter, qu’ils marchoient & qu’ils faisoient leurs évolu-tions au son de la flûte, ces excellens guerriers ne mériteroient- ils pas auííì bien queles Romains, qu’on imitât leurs usages ? ,
CHAPITRE XVII.
De la bataille près de VAdda & de Vordonnance des armées Romaines. p«g. u*.
L e récit que fait Poîybe de l’importante bataille que les Romains gagnèrent contreles Gaulois près de l’Adda, m’avoit donné occasion de traiter des armes de l’in-fanterie Romaine & du véritable esprit de l’ordonnance de la légion. On lisoit dansfauteur Grec que les tribuns des légions, pour s’opposer au premier choc des Gaulois tou-jours très redoutable, avoient fait quitter les Pilons aux soldats de la premiere lignepour les armer de longues piques, que portoient ordinairement les Triasses qui for-moient la troisième. .Ce troc d’armes produisit un bon effet dans cette occasion. Lesuccès le justifia, & Polybe en explique les raisons en homme instruit. Comme le Che-valier Folard n’avoit rien compris à toutes ces circonstances, & qu’égaré en partie parla version de son auteur, il s’imaginoit que les Triasses mêmes avoient passe à la pre-miere ligne, j’avois relevé cette méprise, & son défenseur dit pour se justification, quèfupp°fe{ même que la manœuvre ne soit pas (Taccord avec le texte , du moins on ríytrouveroìt pas de Vinconvénient comme tacticien. Mais il trouve mauvais, qu’aprèsbeaucoup de recherches fur les principes de la tactique Romaine, je n’aye pas expliquécomment les Tri aires vinrent au milieu de faction, joindre leurs efforts à ceux des Hastai-res & des Princes réunis fur le même front en ligne pleine.
Pour suppléer à cette omilîion, il propose lui même ses conjectures fur les manœu-vres usitées dans ces occasions. Le résultat en est, que tout corps de troupes qui venoitau secours & au soutien d’un autre devoir nécessairement s’y insinuer par files & rempla-cer ou doubler celui qui étoit aux mains avec l’ennemi. C’est dans mes mémoires fur laguerre de César en Espagne que j’ai examiné ce qu’il y a de vrai dans cette conjecture,en montrant que, si le Chevalier a deviné juste en partie, les preuves qu’il en allèguesont si peu concluantes, qu’elles auroient suffi pour faire révoquer en doute les cho-ses les plus faciles à prouver.
Entraîné par son sojet mon critique propose encore une idée neuve & singulière surla maniéré de mettre du temps d*e César les légions en bataille. On fait que dans lavieille milice les manipules étoient disposés en quinconce & avec des intervalles égauxà leur front & que souvent pour former une ligne pleine ceux de la seconde lignes’enchafloient dans la premiere. Le Chevalier de Lo-looz soutient donc, que mê-
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