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Vol. II.
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DÉFENSE

CHAPITRE XVI.

r*g**47-

Du pas cadencé des Grecs.

L e Chevalier de Lo-looz me reprend fort aigrement d’avoir paru douter de la réalitédu pas cadencé des Grecs, & m’oppofe le paíïàge connu de Thucydide qui a don-né lieu à cette opinion, & où il est dit qu’Agis Roi des Lacédemoniens fit marcher &tib. XIV. manœuvrer fies troupes au son de la flûte, dans la bataille livrée aux Argéens. AthenéeL. 4. en parlant de différens instrumens de musique, fait plus d’uire fois mention de la flûtedes Lacédemoniens, dont ils fe servoient même k la guerre: on sait encore qu’ils drefisoient leurs enfans dès sage de y ans k danser la pyrrhique, danse militaire,' dans laquel-le on imitoit tous les gestes & toutes les attitudes des combattans. C’est principalementLucien, qui nous instruit du cas que ks Lace'démoniens faisoient de la musique : ilDe Saltae. dit qu’ils pouflbient même le goût pour cet art, jusqu’à régler au son de la flûte les évo-C ‘ 10 ‘ butions & les mouvemens de leurs troupes, lorsqu’elles aliment à l’ennemi.

I..L C. io. Polyen ne s.’étend pas moins fur cet usage de ces braves Républicains & en rapportel’origine à cette circonstance, c’est qu’ayant un jour attaqué à l’improviste les Hérácîides,ceux ci par le moyen de leurs joueurs d’instrumens conserveront si bien leur ordre &leurs rangs, qu’ils les regonflèrent & les battirent. Depuis ce temps, dit Polyen, les La-cédémoniens fe firent toujours accompagner par les joueurs d’instrumens, & l’oracle leurpromit la victoire tant qu’ils ne quitteroíent pas cet ulage. II ajoute que l’ayant négligédans la fuite, en punition de leur désobéissance, ils furent vaincus à la bataille deLeuctres»

Si l’uíàge de faire marcher les soldats en cadence eût été généralement reçu dans le*armées Grecques, il est clair par ces passages, que les auteurs ne l’auroient pas remar-qué comme une singularité qui ne regarde que les Lacédémoniens. Les tacticiens Grecsqui nous détaillent scrupuleusement les différentes évolutions de la phalange Macédo-nienne, n’en font pas non plus mention, quoiqu’ils parlent de différentes sortes d’in-strumens dont on fe servoit pour donner des signaux. Si mon critique dit, que ces tacti-ciens font faits pour égarer & non pour instruire, il parle en homme qui ne les a ja-mais Iûs. On fait aster qu’on leur est redevable des détails les plus intéreffans de toutela milice des Grecs, & qu’il auroit été bien difficile de comprendre fans leur secours lesauteurs qui nous. ont exposé l’histoire de leurs guerres.

J’avois encore dit dans mes mémoires que dès le moment que les troupes s’e'bran-Idient pour aller à la charge, elles avoient la coutume de jetter de grands cris & de fai-re un cliquetis d’armes qui étouffoit tout autre ion. Les exemples en font en grandnombre. Polybe ce sage observateur des coutumes des Nations, bien qu’il ait fait un longépisode, fut f effet de la musique & sor les raisons qui ont engagé les hommes à la cul-tiver, ne dit mot de cet emploi de la flûte & des autres instrumens dans les armées. Onne trouve rien non plus qui indique, que les Romains ayent marché à pas cadencés. Aussin’fest-ce qp’aux seuls Grecs qu’on. attribue cette pratique..