Band 
Vol. II.
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570
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DÉFENSE

■ 1 7 °

L’exposé que j’ai donné de la bataille que Scipion livra à Asdrubal en Espagne, estle morceau le plus travaille de mes mémoires. On trouve dans le récit de Polybe le détailde pluíìeurs manœuvres toutes également curieuses & intérefìàntes, qu’il valoit d’antantplus la peine de développer, que jusqu’alors personne n’avoit rempli cette tache. Dessavans militaires m’ont fa gré de mes discussions & l’ont témoigné dans leurs écrits.Ayant cependant observé, que parmi-les évolutions que Scipion avoit fait exécuter danscette occasion à ses troupes, il s’en trouvoit qu’on ne faisoitpas communément dans les ar-mées Romaines, & que ceux qui ne pouvoient pas consulter l’original grec, seroient peut-être tentés de révoquer en doute la vérité de mes explications ; j'a vois taché de résoudre cesdifficultés apparentes, en répondant à quelques objections que je m’étois faites à moimême. Toute la critique de mon fier antagoniste, se réduit à résumer ces mê-mes objections, & à les proposer comme de son propre chef, passant toutefois foussilence les réponses que j’y avois déjà faites. II faut qu’il n’ait jamais crû possibleque quelqu’un relevât ce qu’il y a de meíléant, & j’ose le dire, de ridicule dans un pa-reil procédé. ^

II commence par me faire soupçonner d’avoir tiré le détail de la manœuvre de lacavalerie aux deux ailes de l’arméeRomaine d’une note anonyme ajoutée à l’histoire deScipion l'Africain de Mr. Seran de la Tour. Mais qu’a-t-on besoin d’autres mémoires quedes anciens auteurs mêmes, pour expliquer le récit qu’ils nous font des batailles? II esttrès possible, que l’auteur de cette note anonyme ait trouvé dans le texte auffi bien quemoi le détail des manœuvres que Scipion fit faire dans cette action à fa cavalerie. Je n’aipas lûcetouvrage, mais, s’il est tel que mon critique le dit, je m’en'applaudis, & j’entire uaargument pour la vérité de mon explication.

II faut que la distance de l’armée des Romains à celle des Carthaginois ait été anmoment où Scipion commença à manœuvrer du moins de cinq cens pas, ainfi que Tite Ci-ve le dit encore expressément. Cette distance étant évaluée dans le texte grec de Poly-bœà un stade ou 12.5. pas, la note dans la quelle j’ai observé la méprise du copiste, afourni le prétexte au Chevalier de Lo-looz de faire une furieuse sortie contre la téméri-té de ma conjecture. Mais est-ce donc fur une conjecture que je fonde la réalité d’unecirconstance, que le bon sens & le témoignage d’un auteur tel que Tite Live mettent àl’abri de toute contradiction?

11 me reproche d’avoir pris la défense de l’ordre en colonnes ; quoique j’euíle ditdans un autre endroit que cette ordonnance étoit contraire aux armes & à l’eíprit de lalégion. Mats n avois-je pas assez répondû à cette objecti° n > en observant que, lorsquedans Fancienne milice, les manipules rangés par intervalles dans la ligne alloient à l’atta-que de la Phalange, ils n’agissoient pas par le poids de leur maílè, ni de la maniéré dontMr->'Polar d se représente Faction des colonnes?