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voie rien décider avec certitude, touchant lesanciennes ou pour mieux dire les plus ancienneslimites du Pays dont il s’agit; & c’est pourquoije neveux point accuser M. d ’Anville d’avoirfait tous ces différens changemens à l’égard deXAcadie , dans la vûe de préjudicier au droit dela Grande Bretagne fur ce Pays, en diminuant seslimites; quoique ceux qui ne pouffent pas leursrecherches plus loin que les Cartes, séduits parl’opinionquele monde s’est formé à juste titre del’habileté & des lumières de ce Géographe, peu-vent être par-là d’autant plus portés à croire,que les dernières usurpations de fa Nation, dumoins dans cette partie de 1 ’Amerique, font lé-gitimes.
Il est vrai que M. d ’Jnville, en réponse aureproche qui lui a été fait d’avoir mal marquéles limites de quelques-unes des Possessions Bri-tanniques en Atnerique, témoigne fa surprise ,en disant, „ que personne ne se seroit imaginé„ qu’une chose de cette nature, faite par un,, Géographe, pourroit tourner au préjudice ou„ à l’avantage des droits des Têtes couron-„ nées (35)”. Je n’en fuis pas moins surprisque lui ; A la vérité ce seroit une chose fort é-trange, si les limites des Royaumes dévoientdépendre, plus que la situation des Lieux, de]a volonté arLi raire des Géographes; ce seroitleur donner le pouvoir de disposer du sort desEmpires. Cependant je vois que c’étoit-là le cas;& qu’aujourd’hui les Cartes donc on vient de
parler,
(35) Voyez la Lettre de M. d ’Anvìlle, fur une copiede la Carte de VAmer. Sept. apud. Merc. Franc, Mars 1 75 1<pag. 135-