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trouvent secourues avant que d’être assiégées , & qu’oaperd l’occasion d’ôter à l’Ennemi un Secours très consi-dérable, dans Je même tems qu’on prive ses propres Trou-pes d’un rafraîchissement fort avantageux, dont profite laPlace qu’on a dessein d’attaquer.
La- troisième faute qui se commet dans un Siège, vientdu peu de soin qu’on a de resserrer l’Ennemi dans la Placeau moment qu’elle est investie. J’avoùe que j’ai peine àconcevoir la cause de cette négligence, vu les effets qu’èl-le produit; car les Ennemis profitent au moins de tous lesfourrages qui sont sous à demi-portée du Canon. Ils y•menent impunément paître les Bestiaux,ils en retirent tousles matériaux qui s’y trouvent & qui peuvent leur être pro-pres , & tout ce qui peut leur servir à faire des faseines &des paliílàdes. Cela leur donne encore le moïen de facili-ter l'entrée des Secours, de jetter des Espions dans lesCamps, de tenir les Affiégeans plus éloignés de la Place,de les contraindre à faire de grands tours pour communi-quer d’un Quartier à l’autre, & de les empêcher de recon-noître les Fortifications avec tant de facilité.
La quatrième faute provient de la disposition des Quar-tiers & de l’ordonnance des Circonvallations, qui, pourêtre situés l’un ou l’autre trop près, ou trop loin de la Pla-ce , ou pour ne pas bien remplir J’efpace, ou occuper le ter-rein qui lui peut être le plus avantageux, laisse souvent degrands jours h l’Ennemi pour la facilité des .Secours.
La mauvaise structure des Lignes, & le peu de soin qu’ona d’en conduire l’élevation par les règles d’un Profil biendirigé, donnent au moins à l’Ennemi autant de prise pourl’entrée des Secoursque les défauts dont nous venonsde parler. C’est l’une des choses à quoi les François man-quent le plus ; cependant elle me paroît d’une très gran-de conséquence. Les Espagnols sont en cela bien plus
soigneux