CONDUITE DES SIE’GES, Chapitre II. 9
soigneux que nous; & je puis dire n’avoir point vû de Li-gnes de leur façon, qui ne fuíïènt faites avec aísez de pré-caution. Celles qu’ils firent devant Arras, avoient aísezde ressemblance à celles que César fit au Siège d’Alexie.La Ligne avoit son Foíse de treize à quatorze pieds de lar-geur, sor fix à sept de profondeur. Sur le bord du Foíleil y avoit une lisière de terre, large de vingt pieds ou en-fy.ietz viron, toute percée de trous, espacés en Echiquier dedeux pieds de diamètre , sor un pied & demi de profon-deur, dans chacun deíquels il y avoit un piquet, qui sor-toit en pointe d’un demi-pied hors de terre. Au-delà deJa lisière, ètoit J’Avant-Foíle de cinq à six pieds, & par-delà une autre lisière de tr.ous, piquetés comme la pré-cédente.
Les Avant - Fosses ne valent rien, & ne servent qu’àcouvrir l’Ennemi qui nous attaque. Celles qu’ils firent àCondé,après la levée du Siège de Valenciennes, n’avoìentpas tant de façon, & n’étoient pas moins bonnes. LeursFossés avoient douze pieds de largeur fur six à sept de pro-fondeur , avec une bonne paliílàde devant, & une demi-Lune, & des barrières à chaque sortie.
On commet d’abord une grande faute dans la conduitede la Circonvallation des Places qui sont coupées par desRivières en deux ou trois parties, loríqu’on ne fait qu’unou deux Ponts à chaque coupure ; car le premier désor-dre qui arrive à un de ces Ponts, ce qui se voit fort sou-vent, sépare l’Armée, & la met en péril. C’est bien pisloríque l’Ennemi donne dans les Lignes; car le moïen des’entre-secourir, puiíque le moindre Bataillon ennemi quise sera saisi de l’une de ces extrémités de Pont, peut em-pêcher que toute une Armée ne paíse ? Et de quel effetpeut être un Secours, qui se trouve obligé de dénier qua-tre à quatre par-deísos un Pont, qui dès la première allar-
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