CONDUITE DES SIE’GES, Chap . XXIII. m
miers, & par le même trou qu’ils auront fait, ils passerontle bout d’un Mousqueton, ou d’un Pistolet qu’ils tirerontdans leur Galerie. Après y avoir lâché cinq ou six coupsde fuite, ils en boucheront le trou pour empêcher la fu-mée d’en sortir. Quand ils n’auroient d’autre mal que celuid’être enfumés, lui seul est capable de les chasser de laMine.
Nos Mineurs ne s’en tiendront pas là , ils tenterontde percer la contre-Mine & de s’en rendre tout-à-fait lesmaîtres. S’ils le deviennent, on pourra choisir de deuxchoses l’une ; ou de s’y retrancher , ou de la faire creverpar une Fougade. Pour moi , je crois qu’après s’êtreapperçu d’une Mine de l’Ennemi, il vaudroit mieux y fairejouer un petit Fourneau, qui en romproit infailliblementla Galerie, & meuroit en état de travailler à la grande Mi-ne avec plus de tranquillité.
Manière de défendre rattachement du Mineurcontre les feux d'Artifice*
La défense la plus commune, & en même tems làplus terrible contre l’Attachement du Mineur,c’est le feuqui se jette du haut du Bastion attaqué. Ce feu est ordi-nairement accompagné d’une nuée de grosses pierres, deBombes, de Grenades, d’une infinité de Fascines gau-dronées,& d’autres semblables inventions, qui non seule-ment brûlent les Mineurs, ou les chassent de leur trou; maisencore qui embrasent juíqu’au fond des Fosses, & en con-sument souvent Jes Epaulemens. Jusqu’ici on n’a pû y re-médier qu’avec beaucoup de perte, parce que nous avonsété assez ennemis de nous-mêmes pour renoncer à dessecours, aussi aises que naturels. Car enfin.
Q I. Quelle