m INSTRUCTION POUR LA
I. Quelle difficulté y a-t-il de faire & d’enfòncer
le trou. du Mineur avec du Canon?
IJ. Puisque seau a k vertu d’éteindre le feu, n’est-il pas juste de s’en servir ?
Nous n'en sommes plus à inventer des Machines pour é-viter le danger, on connoîtaísez celle dont on se sort en Al-lemagne dans les incendies. C’est une Pompe aspirante & re-foulante , avec laquelle, de 30 ou de 40 pas, on peut tirerde l’eau dans le rond d’une assiette ; mais en si grande quanti-té & avec tant de force, qu’àla distance de quinze pas onren versoroit un homme. A Nuremberg, tous les quartiers ensont pourvus; elles y sont entretenues aux dépens du Pu-blic. Dans le petit Equipage d’Artillerie que je fis faire ,ii ya sopt ans, pour Monseigneur le Dauphin, par ordre deMonsieur de Colbert, il y en avoit une petite, qui poùrroitservir de modèle à une grande. Jamais Equipage d’Ar-tillerie ne devroit se mettre en Campagne, sens en avoirune ou deux; une Charrette, bien attelée, en peut me-ner une couple.
Revenons a 1a conduite de notre Ouvrage. LeTravail de la Mine ne souffre aucune interruption, ni k'moindre lenteur; l’affiduité & k vigilance doivent tou-jours être égales depuis le commencement, juíqu’à ceque k Mine soit chargée, bouchée , & prête à recevoirle feu. L’amas des matériaux néceíseires précédera d’unjour ou deux le tems destiné à 1a faire jouer, afin quetout puistè être servi promptement dans le besoin.
Lorsque k Mine sera sor le point d’être prête , ilfaudra commander les Détachemens pour donner à kBrèche , régler le feu de la Moufqueterie, visiter les Bat-teries , & montrer aux Canoniers les Défenses, &les en-droits qu’il sera nécessaire de battre. Parmi tous ces dif-férons apprêts, l’ingénieur-général doit avoir contribué