DE’FENSE DES PLACES, Chapitre IK 17ï
qu’ils ne pourront ni conduire dans la Ville, ni mettre àcouvert fous le feu de la Place.
Le Gouverneur enverra encore à la fuite de ces Trou-pes un Bataillon de trois ou quatre cens hommes, quimarcheront à petit pas juíqu’à la tête des Ouvrages del’Ennemi-, & s'il se trouve que ceux qui ont pris les de-vants, peuvent se passer de leur secours pour combler^entreprise, ils seront halte.
Quoiq^u e la vigueur, la diligence & la bonne con-duite soient absolument nécessaires dans toutes les opéra-tions de la Guerre, j’ôse assurer que c’est dans cette actionqu’elles doivent paroître dans tout leur éclat & dans touteleur étendue. Avec ces qualités, inséparables des grandsexploits, on surprend les Ennemis; on les met en deflordre, on les contraint, on les force d’abandonner desTravaux, qui, une fois pris & détruits, sont très diffi-ciles à reprendre & à rétablir. La bonne conduite nouspréserve preíque de tous les dangers où une mauvaisenous précipite, elle nous ménage dans les Ouvrages del'Ennemi des ressources contre lui-même; & malgré quel'on soit forcé de faire retraite, on la fait en bon ordre àla faveur de ses propres Travaux.
La Sortie qui tend à ruiner les Ouvrages, se fera lemême jour qu’on ouvrira la Ligne de contre- Approche.La raison en est, que le feu de cette Ligne verra l'Enne-mi dans ses Travaux en flanc & de revers, & que par celamême les Troupes de la Sortie n’auront affaire qu’à unepartie de celles de la Tranchée. En esset, sa défense ne peutqu’être partagée, puisque la Garde de l’endroit, expose àla vue de la Ligne de contre-Approche, abandonnera sonPoste pour un autre plus couvert. Si dans ce moment lesAffiégeans se trouvent surpris par la Sortie, on ne íâuroit
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