172 INSTRUCTION POUR LA
douter qu’on ne les pousse sens beaucoup de difficultéhors de tous leurs Travaux.
La foibleíse,ou le peu de vigilance de ceux qui ferontcommis à la garde des Tranchées, servira de règle auGouverneur pour le nombre des Troupes q u'il emploieraaux Sorties. J’abandonne ce discernement à ses talens & kfa prudence* car je ne prétends pas l’affujettir en tout àdes voïes particulières ,& que je n’indique que par hazardfélon les cas qui me viennent dans l'idée. Toute occa-sion favorable de chasser les Ennemis de leurs Travauxdoit diriger fa conduite - il importe peu de quelle manièreil s’y prenne, pourvu qu’il réussisss. Entre les diverses oc-casions qui se présentent, il y en a une qu’il ne doit pasoublier de mettre à profit ; c’est lorsque le mauvaistems empêche les Affiégeans de se servir facilement deleurs Armes k feu : on a pour lors assez bon marchéde leurs Troupes & de leurs Travaux.
Un seul exploit de bravoure n’assûre pas tellement unePlace , qu’elle soit hors de danger. Souvent une défaiteranime l’Ennemi , & oblige la Garnison de redoubler sesefforts. Un Gouverneur qui a de l’expérience, comp-tera toujours pour rien ce qu’il aura fait, s’il lui reste en-core quelque chose à faire. II continuera d’allarmer &de fatiguer les Affiégeans, tantôt par de fausses, tantôtpar de vraies Sorties. Elles apportent de grands obsta-cles à l’avancement des Travaux, sor-tout fi on les entre-prend à différentes heures de la nuit. Quinze ou vingtMaîtres seffiroient pour causer un grand désordre parmiles Travailleurs, qui, pris à l’improviste, & n’aiant d’au-tres Armes qu'une Pelle & une Pioche, quitteroient bien-tôt la besogne pour prendre la fuite. 11 n’est pas fort ai-se de les ramener au Travail • car comme ils ne deman-dent