DE’FENSE DES PLACES, Chapitre IV*. 173
dent pas mieux que de s’en exempter par quelque prétex-te, on a beau faire, on n’en retrouve jamais Ja moi-tié de ce qu’il y avoit auparavant. De cette manière lan-guiííènt les Travaux au préjudice des uns,& à l’avanta-ge des autres , puifqu’il ne s’agit pas moins que d’unenuit entière d’interruption , ou peu s’en faut.
De pareilles Sorties ont encore ceci d’utile, qu’ellesdécouvrent à droite & à gauche les Détachemens, com-mandés pour soutenir les Travailleurs; de sorte que l’onpeut se défaire d’eux comme du reste, par le feu de la Pla-ce. On pourroit me dire que ces Détachemens tom-beroient sor cette Cavalerie qui auroit effarouché lesPionniers, je réponds que comme elle n’est pas destinéepour combattre,elle doit en éviter l’occaíion.
Dans toutes les défenses des Places qui ont été atta-quées pendant le cours d’une fi longue Guerre,je me fuisétonné vingt fois qu’aucun Gouverneur ne se soit avised’envoier huit ou dix hommes de cœur se saisir de ceuxqui sont chargés de la conduite des Attaques. Selon moi,rien n’est plus aise. J’en appelle à ceux qui entendent leMétier de la Guerre, ils lavent tous que ces gens vontreconnoître presque seuls & fans bruit les endroits par oùils doivent pouffer leurs Tranchées, & que par consé-quent il est très facile à huit ou dix hommes déterminésde se glisser sor le ventre à la faveur de l’obseurité, de lescouper par derrière, & de les prendre sens coup ferir.
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