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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE IV.ART. XXXI.

leffet moral quelle produit, serait un or-dre parfait. Un mélange habile de lignesdéployées et de colonnes , agissant alterna-tivement selon lopportunité des circon-stances , sera toujours un bon système.Quant à son application pratique, le coupdœil du chef, le moral des officiers et sol-dats , leur instruction à toutes sortes de ma-nœuvres et aux feux, les localités ou lanature du terrain, influeront toujours beau-coup sur les variantes qui se présenteraient ;

9° Le but essentiel dune bataille offensiveétant de forcer lennemi dans sa position,et surtout de lentamer aussi fortement quepossible, on devra bien ordinairementcompter sur lemploi de la force matériellecomme snr le moyen le plus efficace dyparvenir. Toutefois, il arrive aussi que leschances de lemploi seul de la force se-raient tellement douteuses , que lon réussi-rait plus facilement par des manœuvrestendant à déborder et à tourner celle desailes qui serait la plus voisine de la lignede retraite de lennemi, ce qui le décideraità un mouvement rétrograde de peur dêtrecoupé.

Lhistoire fourmille dexemples de la réus-site de pareilles manœuvres, surtout contredes généraux dun caractère faible : et, bienque les victoires obtenues par ce moyenseulement soient moins décisives, et quelarmée ennemie ny soit jamais sérieuse-ment entamée, il suffit de ces demi-succèspour prouver quon ne doit point négligerde telles manœuvres, et quun général habi ledoit savoir les employer à propos, et surtoutles combiner, autanl que possible, avec lesattaques de vive force ;

10° La réunion de ces deux moyens, cest-à-dire, lemploi de la force matérielle sur lefront, secondé par une manœuvre tournante,donnera plus sûrement la victoire que silon se bornait à les employer séparément;

(1) Au moment je me décide à réimprimer cetarticle , je reçois une brochure du général Okou-

mais, dans lun et lautre cas, il faut se gar-der des mouvements trop décousus,, en facedun ennemi tant soit peu respectable ;

11° Les divers moyens denlever une po-sition de lennemi, cest-à-dire, denfoncersa ligne et de la forcer à la retraite par.lu-sage de la force matérielle, sont, de lé-branler dabord par leffet dun feu supérieurdartillerie , dy mettre ensuite un peu deconfusion par une charge de cavalerie lan-cée bien à propos-, puis daborder finale-ment cette ligne ainsi ébranlée, avec desmasses dinfanterie précédées de tirailleurset flanquées de quelques escadrons (1).

Cependant, en admettant le succès duneattaque si bien combinée contre la premièreligne, restera encore à vaincre la seconde,et meme la reserve : or, cest ici que lesembarras de lattaque deviendraient plussérieux, si leffet moral de la défaite de lapremière ligne nentraînait pas souvent laretraite de la seconde, et ne faisait pasperdre la présence desprit au général at-taqué.

En effet, malgré leur premier succès, lestroupes assaillantes seront aussi un peu dés-unies de leur côté ; il sera souvent très-dif-ficile de les remplacer par celles de la se-conde ligne, non-seulement parce quecelles-ci ne suivent pas toujours la marchedes masses agissantes jusque sous le feu demôusqueterie , mais surtout parce quil esttoujours embarrassant de remplacer unedivision par une autre au milieu même dueombat, et a 1 instant ou lennemi réuniraitses plus grands efforts pour repousser lat-taque.

Tout porte donc à croire que, si les troupeset le général de larmée défensive faisaientégalement bien leur devoir et déployaientune égale présence desprit, sils nétaientpoint menacés sur leurs flancs et leur lignede retraite , lavantage du second choc se-

neflf sur lemploi de lartillerie pour rompre uneligne : jen dirai quelques mots à lart.