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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE IV. ART. XXXII.

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distantes entre elles de plusieurs lieues,tandis que Saint-Cyr, avec le tiers de larmée(13,000 hommes ), devait courir au delà duflanc droit à quatre lieues sur les derrièresde ces 60,000 hommes, qui ne pouvaientmanquer dêtre victorieux de ees fractionsmorcelées et de prendre celle qui voulaitles couper, sort auquel Saint-Cyr échappapar un miracle.

On se rappelle comment le même généralWeyrother , qui avait voulu entourer Na­ poléon à Rivoli, prétendit en faire autant àAusterlitz, malgré la sévère leçon quil avaitreçue sans profiter pour lui. On sait com-ment la gauche des alliés, voulant déborderla droite de Napoléon pour lui couper lechemin de Vienne ( il ne voulait pas re-tourner) par un mouvement circulaire deprès de deux lieues, laissa un vide dunedemi-lieue dans la ligne, dont Napoléon profita pour tomber sur le centre isolé , etentourer ensuite cette gauche , enfournéeentre les lacs de Tellnitz et de Melnitz.

Enfin, on sait aussi comment Wellingtongagna la bataille de Salamanque par unemanœuvre à peu près semblable, parce quela gauche de Marmont, qui voulait lui cou-per la route du Portugal , laissa une lacunedune demi-lieue, dont le général anglais profita pour battre cette aile dénuée desoutien.

Les relations de dix guerres que jai pu-bliées, sont pleines de pareils exemples,dont il serait superflu de multiplier ici lenombre, puisquil ne saurait rien ajouterà ce que nous venons de dire pour faire ju-ger, non-seulement des manœuvres tour-nantes, mais encore de toute lacune laisséedans la ligne de bataille, lorsquon doitcombattre un ennemi habitué à jouer un jeu

serré.

On jugera facilement, que si Weyrother avait eu affaire à Jourdan , à Rivoli commeà Austerlitz, il eût peut-être ruiné larméefrançaise au lieu dessuyer lui-même unedéfaite totale. Car le général qui attaqua à

Stockach une masse de 60,000 hommes avecquatre petits paquets isolés et hors détat dese seconder, naurait pas su profiter dumouvement trop large tenté contre lui. Demême Marmont joua de malheur à Salaman­ que en ayant à lutter contre un adversairedont le mérite le plus reconnu était un coupdœil tactique éprouvé et rapide : devant leduc de York ou Moore, il eût probablementréussi.

Parmi les manœuvres tournantes qui ontréussi de nos jours, Waterloo etHohenlin-den furent celles qui eurent les plus brillantsrésultats ; mais la première fut presquunmouvement stratégique et accompagné dunefoule de circonstances heureuses, dont leconcours se présente rarement. Quant àHohenlinden , on chercherait vainement danslhistoire militaire dautre exemple quuneseule brigade aventurée dans une forêt aumilieu de 50,000 hommes, y produise tousles miracles que Richepanse opéra dans cecoupe-gorge de Matenpœt, il était bienplus probable quil dût poser les armes.

A Wagram, laile tournante de Davousteut une grande part au succès de la jour-née; mais si lattaque vigoureuse, exécutéesur le centre par Macdonald , Oudinot etBernadotte , ne lavait pas secondée à pro-pos, il nest pas certain quil en eût été demême.

Tant dexemples de résultats opposéspourraient faire conclure quil ny a aucunerègle à donner sur cette matière, mais ceserait à tort, car il me paraît, au contraire,évident : « Quen adoptant en général un» système de batailles bien serre, et bien» lié , on se trouvera en mesure de parer à» tous les événements, et on donnera peu au» hasard : mais quil importe néanmoins avant tout, debien juger lennemi que lon» doit combattre, afin de mesurer la har-» diesse des entreprises daprès le caractère et le système quon lui connaîtra.

Quen cas de supériorité numérique on» peut, aussi bien que dans celui de supé-

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