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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE IV.

ART. XXXIII.

I U

» riorité morale, tenter des manœuvres,» nui, à égalité de forces numériques et de» capacité dans les chefs, seraient irapru-» dentes.

» Quune manœuvre, pour déborder et» tourner une aile, doit être liée aux autres» attaques, et soutenue à temps par un effort» que le reste de larmée ferait sur le front» de lennemi, soit contre laile tournée soit» contre le centre.

» Enfin, que les manœuvres stratégiques» pour couper une armée de ses communi-» cations avant la bataille, et lattaquer ainsi» à revers sans perdre sa propre ligne de» retraite , sont dun effet bien plus sûr et» bien plus grand , et de plus, ne nécessi-» tent aucune manœuvre décousue dans le» combat. »

Au demeurant, en voilà assez sur le cha-pitre des batailles combinées ; il est tempsdépasser à celles qui sont imprévues.

ARTICLE XXXIZI.

Rencontre de deux armées en marche.

Cest un des actes les plus dramatiquesde la guerre que celui qui résulte de cettesorte de rencontre imprévue de deux ar-mées.

Dans la plupart des batailles il arrive quundes partis attend lennemi dans un poste dé-terminé davanoe, et que lautre armée valy attaquer, après avoir reconnu cette posi-tion aussi bien que la chose est possible.Mais il arrive aussi fréquemment, surtoutdans le système moderne, et dans les retoursoffensifs de lun des partis, que deux arméesmarchent lune sur lautre, avec lintentionréciproque de sattaquer sans le savoir :alors il en résulte une espèce de surpriserespective, car les deux partis sont égale-ment déçus dans leurs combinaisons, puis-qu ils trouvent lennemi ils ne satten-

daient nullement à le rencontrer. Enfin, ilest aussi des cas lune des deux arméesse laisse attaquer en marche par son adver-saire qui lui prépare cette surprise, commecela arriva aux Français à Rosbach.

Cest dans ces grandes occasions que sedéploie tout le génie dun habile général,dun guerrier capable de dominer les événe-ments ; cest lon reconnaît le cachetdu grand capitaine. Il est toujours possiblede gagner une bataille avec de braves trou-pes, sans que le chef de larmée puisse sar-roger la moindre part aux succès de lajournée, mais une victoire comme celles deLutzen , de Luzzara, dEylau , dAbensberg ,ne peut être que le résultat dun grand ca-ractère joint à une grande présence despritet à de sages combinaisons.

Il y a trop de hasard et trop de poésiedans ces sortes de rencontres, pour quilsoit aisé de donner des maximes positivessur ces batailles fortuites ; toutefois, cestdans ce cas principalement quil importedêtre bien pénétré du principe fondamentalde lart, et des différentes manières de lap-pliquer, afin de faire tendre à ce but toutesles manœuvres quon sera dans le cas dor-donner à linstant même, et au milieu dufracas des armes. Ce que nous avons ditdes manœuvres improvisées , à larticle 31,est donc la seule règle à donner pour cescirconstances imprévues ; il suffira de lescombiner avec les antécédents et avec lasituation physique et morale des deux partis.

Deux armées marchant, comme elles lefaisaient jadis, avec tout lattirail du campe-ment, et se rencontrantàlimproviste, nau-raient sans doute rien de mieux à faire quàdéployer dabord leurs avant-gardes à droiteou à gauche des routes quelles parcourent.Mais chacune delles devrait en même tempsmasser le gros de ses forces, pour le lancerensuite dans une direction convenable, se-lon le but quelle aurait en vue ; on commet-trait une faute grave en voulant déployertoute larmée derrière lavant-garde, parce