CHAPITRE V. —
a mourir dans la position qu’il aurait prise°u qui lui aurait été assignée.
Quoi qu’il en soit, il est incontestableque, dans toutes les hypothèses possibles,les préceptes de la tactique et de la fortilication passagère sont applicables auxgrands détachements , comme' à 1 armeeelle-même.
Puisque nous avons cite les petits déta-chements destinés à des coups de main, aunombre de ceux qui pouvaient être utiles,nous en indiquerons quelques-uns de cettenature qui pourront en faire juger. On serappelle celui qui fut exécuté par les Russes à la fin de 1828 pour s’emparer de Sizepolidans le golfe de Burgas . La prise de ce golfefaiblement retranché et qu’on se hâta demettre à couvert, procurait, en cas de réus-site, un point d’appui essentiel au delà duBalkan , pour y établir d’avance les dépôtsde l’armée qui devait franchir ces monta-gnes ; en cas de non-succès cela ne com-promettrait rien, pas même le petit corpsdébarqué, car il avait une retraite assuréesur ses vaisseaux.
De même dans la campagne de 1790, lecoup de main tenté par les Autrichiens pours’emparer de Kehl , et en détruire le ponttandis que Moreâtt revenait de la Bavière ,aurait pu avoir d’importants résultats s’iln’eût pas échoué.
Dans ses sortes d’entreprises on risquepeu pour gagner beaucoup ; et comme ellesne sauraient compromettre en aucune ma-nière le gros de l’armée, on ne peut que lesapprouver.
Des corps légers lancés au milieu de lazone d operations de l’ennemi, sont à clas-ser dans la même catégorie ; quelques cen-taines de cavaliers ainsi hasardés ne sontjamais une perte grave, et peuvent causerun dommage souvent considérable à l’en-nemi. Les détachements légers faits par lesRusses , en 1807, 1812 et 1818, ont forte-ment inquiété les opérations de Napoléon et parfois les ont fait manquer en inter-
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ceptant ses ordres et toutes ses communi-cations.
On emploie de préférence à ces sortesd’expéditions des officiers à la fois rusés ethardis , connus sous le nom de partisans :véritables enfants perdus, ils doivent fairetout le mal possible à l’ennemi sans trop secompromettre : sans doute, quand l’occa-sion de frapper un coup important se pré-sente, ils doivent aussi savoir donner têtebaissée sur l’ennemi ; mais, en général, l’a-dresse et la présence d’esprit pour évitertout danger inutile, sont, plus encore quel’audace calculée, les véritables qualités né-cessaires à un partisan. Je me référé dureste à ce que j’en ai dit au chapitre XXXVdu Traité des grandes opérations, et à l’arti-cle 45 ci-après, sur la cavalerie légère.
AHTICIiE XXXVII.
Des passages de rivières et de fleuves.
Les passages de petites rivières, sur les-quelles on trouve un pont établi et où l'onpeut facilement en jeter un, ne présententpas des combinaisons qui appartiennent àla haute tactique ou à la stratégie ; mais despassages de grandes rivières ou de fleuves,tels que le Danube , le Rhin , le Pô, l’Elbe ,l’Oder , la Vistule , l’Inn , le Tessin , etc., sontdes opérations dignes d’être étudiées.
L’art de jeter des ponts est une connais -sance spéciale, qui appartient aux officiersde pontonniers ou de sapeurs. Ce n’est passous ce rapport que nous traiterons cespassages, mais comme attaque-d’une posi-tion militaire, et comme manœuvre deguerre.
Le passage en lui-même est une opéra-tion de tactique ; mais la détermination dupoint où il doit se faire est liée aux grandesopérations qui embrassent tout le théâtrede la guerre. Le passage du Rhin par legénéral Moreau en 1300, dont nous avons