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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRÉ V.ART. XL.

°uvres, quel succès pourrait-on sen pro-mettre , si une pareille Armada avait unenavigation plus longue à faire pour attein-te son but? Quel moyen de faire marchert*ne pareille multitude de petits bâtiments,seulement pendant deux jours et deux nuits ?Et à quelles chances ne sexposerait-on pasen sengageant dans une telle navigation enhaute mer, avec de légères péniches? Outrecela, lartillerie, les munitions de guerre,léquipement, les vivres, leau douce quilfaut embarquer avec cette multitude dhom-mes, exigent des préparatifs et un attirail

immenses.

Lexpérience a démontré les difficultésdune expédition lointaine, même pour descorps qui nexcèdent pas !B0,000 hommes.Dès lors, il est évident quune descente nepeut seffectuer avec telle force que dansquatre hypothèses :

1° Contre des colonies ou possessionsisolées ;

l" Contre des puissances du second rangqui ne sauraient être immédiatement sou-tenues ;

S° Pour opérer une diversion momenta-née, ou enlever un poste dont loccupation,pour un temps donné, aurait une haute im-portance ;

4° Pour une diversion à la fois politiqueet militaire contre un État déjcà engagé dansune grande guerre, et dont les troupes se-

raient employées loin de.

Ces sortes dopérations sont difficilessoumettre à des règles ; donner le changelennemi sur le point de débarquemenchoisir un mouillage il puisse se faisimultanément ; y mettre toute lactivipossible, et semparer promptement dipoint dappui pour protéger le développment successif des troupes -, mettre aussità terre de. lartillerie pour donner assrance et protection aux troupes débarquéevoilà à peu près tout ce que lon peut recoimander à lassaillant.

La grande difficulté dune telle opératù

vient de ce que les vaisseaux de transport,ne pouvant jamais approcher de la plage, ilfaut mettre les troupes sur le peu de cha-loupes qui suivent la flotte, en sorte (pie ladescente est longue et successive; ce quidonne à lennemi de grands avantages,pour peu quil soit en mesure. Si la mer esttant soit peu houleuse, le sort des troupesde débarquement sera fort hasardé , cal-que peut de linfanterie entassée dans deschaloupes, battue par les vagues, ordinai-rement éprouvée par le mal de mer, et àpeu près hors détat de se servir de sesarmes !

Quant au défenseur, on ne peut que luiconseiller de ne pas trop diviser ses troupespour tout couvrir. Il est impossible de gar-nir toutes les places dun pays de batteriesde côtes, et de bataillons pour les défen-dre ; mais il faut du moins couvrir les ap-proches des points lon aurait de grandsétablissements à protéger. Il faut avoir dessignaux pour connaître promptement lepoint de débarquement, et de réunir, silest possible, tous ses moyens, avant quelennemi ait pris pied solidement avec tousles siens.

La configuration des côtes influera autantsur la descente que sur la défense : il estdes contrées dont les côtes sont escarpées etoffrent peu de points accessibles à la foisaux vaisseaux et aux troupes quil sagit demettre à terre ; alors ces points connus étantpeu nombreux, sont plus faciles à surveil-ler, et lentreprise en devient plus difficile.

Enfin, les descentes offrent une combi-naison stratégique quil est utile de signa-ler. Cest que le principe qui interdit à unearmée continentale de porter ses princi-pales forces entre la mer et larmée enne-mie, exige, au contraire, que larmée, quiopère une descente, conserve toujours saforce principale en communication avec lerivage, qui est à la fois sa ligne de retraiteet sa base dapprovisionnements. Par lamême raison, son premier soin doit être de