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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VI. ART. XL1I.

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vanité qui my porte, car jaurais dautrescitations de cette nature à faire ; mais jaiseulement voulu démontrer quon peut sou-ve nt agir à la guerre daprès des problèmesbien posés, sans trop sarrêter aux detailsîles mouvements de son adversaire. Si M. legénéral de Clausewitz avait été aussi souventque moi dans le cas de poser ces problèmeset de les voir résoudre, il neût pas tantdouté de lefficacité des théories de guerrefondées sur les principes , car ce sont desthéories qui seules pourront servir de guidepour de pareilles solutions. Ses trois volu-mes sur la guerre prouvent évidemmentque dans une situation pareille a celle setrouvait le duc de Brunswick, en 1806, ileut été tout aussi embarrassé que lui sur leP a yti quil fallait prendre. Lirrésolutiond°it être lapanage des esprits qui doutenttout.

Revenant à notre sujet, je dois avouerque lespionnage a été singulièrement né-gligé dans bien des armées modernes, et,e n 1813, entre autres, létat-major du princede Schwartzenberg nayant pas un sou à sadisposition pour ce service, lempereurAlexandre dut fournir des fonds de sa cas-sette pour donner, à cet état-major, lemoyen denvoyer des agents en Lusace ap-prendre se trouvait Napoléon . Le géné-ral Mack, à Ulm , et le duc de Brunswick, en1806, nétaient pas mieux instruits; et lesgénéraux français payèrent souvent cher,en Espagne , limpossibilité davoir des es-pions et des renseignements sur ce qui pas-sait autour deux.

Pour les renseignements quon peut ob-tenir des corps volants, lannée russe estmieux partagée que toute autre, grâce à ses

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cosaques et à T

intelligence de ses partisans :

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1 histoire en fournit assez de preuves.

L expédition du prince KoudachefE, en-voyé après la bataille de Dresde au princede Suède , et qui, après avoir traversé lElbe à la nage, marcha au milieu des colonnesfrançaises jusque vers Wiltemberg, est un

monument historique de ces sortes de Bour-ses. Les renseignements fournis par les parti-sans des généraux Czernitcheff, Benkendorf,DavidofF et Seslawin, ont rendu déminentsservices de la même nature. On se rappelleque ce fut une dépêche de Napoléon à lim-pératrice Marie-Louise , interceptée près deChâlons par les cosaques, qui apprit aux al-liés le projet formé par lempereur des Fran­ çais pour se jeter sur leurs communicationsavec toutes ses forces réunies, en se basantsur la ceinture des places fortes de la Lor­ raine et de lAlsace. Ce précieux renseigne-ment décida la réunion des armées de Blii-cher et de Schwartzenberg, que toutes lesbelles remontrances stratégiques nétaientjamais parvenues à faire agir de concert, sice nest à Leipzig et à Brienne.

On sait aussi que ce fut un avis donné parSeslawin au général DoctorofF, qui empêchacelui-ci dêtre écrasé à Borowslc par Napo­ léon qui venait de partir de Moscou avectoute son armée pour commencer sa re-traite. On ny voulait dabord pas croire, etil fallut que Seslawin piqué , allât enleverun officier et quelques soldats de la garde ,au milieu des bivouacs français , pour con-firmer son rapport. Cet avis , qui décida lamarche de Koutousoflf sur Malo-Jarcsla-wetz, empêcha Napoléon de prendre laroute de Kalouga , il eût trouvé plus deressources, il eût évité les désastres deKrasnoi et de la Bérésina, ce qui, du reste,eût diminué la catastrophe sans l'empêcherentièrement.

De tels exemples, quelques rares quilssoient, suffisent pour donner une idée de cequon peut attendre de bons partisans con-duits par des officiers capables.

Pour arriver à une conclusion, je résu-merai cet article aux vérités suivantes :

1° Cest quun général ne doit rien négli-ger pour être instruit des mouvements delennemi et employer à cet effet des recon-naissances , des espions, des corps légersconduits par des officiers capables, des si-