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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VI. ART. XLII.

gnaux, enfin, des officiers instruits chargésde diriger aux avant-gardes les interroga-toires des prisonniers ;

2° Quen multipliant des renseignements,quelque imparfaits et contradictoires quilssoient, on parvient souvent à démêler la vé-rité du sein même de leurs contradictions ;

Quil faut néanmoins se défier de cesmoyens et ne pas trop y compter pour lacombinaison de ses opérations ;

4° Quà défaut de renseignements sûrs etexacts, un général capable ne doit jamais semettre en marche sans avoir deux ou troispartis pris sur les hypothèses vraisem-blables quoffrirait la situation respectivedes armées, et que ces partis pris soientfondés sur les principes.

Je pourrais garantir que, dans ce cas,rien de bien imprévu ne pourra venir lesurprendre et lui faire perdre la tête commecela arrive si souvent : car, à moins dêtretout a fait incapable de commander unearmée, on doit être en état de faire les sup-positions les plus probables sur ce que len-nemi entreprendra, et adopter davance unparti sur lune ou lautre de ces supposi-tions qui viendrait à se réaliser (1). Je nepourrais trop le répéter, cest dans de pa-reilles suppositions, bien posées et bien ré-solues , quest le véritable cachet du géniemilitaire ; et, quoique le nombre en soittoujours fort restreint, il est inconcevable àquel point ce puissant moyen est négligé.

Pour compléter cet article, il nous resteà dire aussi ce que lon peut obtenir à laidedes signaux.

Il y en a de plusieurs sortes , et à la tête

(X) On ne maccusera pas, je pense, de vouloir«juil narrive jamais dévénement à la guerre quisorte de toutes les prévisions possibles; il suffiraitdes surprises de Crémone, de lîerg-op-Zoom, deîlochkircli, pour prouver le contraire. Je crois

de toutes on doit naturellement placer lestélégraphes. Ce fut à lidée quil eut, dé-tablir une ligne télégraphique entre sonquartier général et la France , que Napoléon fut redevable de ses étonnants succès de Ra-tisbonne en 1809. Il se trouvait encore àParis quand larmée autrichienne franchitlInn vers Braunau , pour envahir la Eavièreet percer ses cantonnements. Instruit en 24heures de ce qui se passait à 250 lieues delui, il se jette aussitôt en voiture, et huitjours après il était vainqueur dans deux ba-tailles sous les murs de Ratisbonne : sansle télégraphe, la campagne était perdue :ce trait suffit pour en apprécier limpor-tance.

On a imaginé aussi de se servir de télé-graphes portatifs, et, à ma connaissance, lapremière idée en appartient à un marchandrusse qui lavait apportée de la Chine . Cestélégraphes, manœuvrés par des hommes àcheval postés sur des hauteurs, semblaientpouvoir porter en quelques minutes les or-dres du centre aux extrémités dune lignede bataille, ainsi que les rapports des ailesau quartier général. Des essais répétés eu-rent lieu, mais le projet fut abandonné sansque jaie pu en savoir les raisons. Ces com-munications ne pouvaient être à la véritéque fort brèves, et les temps nébuleux pou-vaient les rendre quelquefois incertaines :cependant, comme le vocabulaire de pareilsrapports pourrait se réduire à une ving-taine de phrases, pour lesquelles il serait fa-cile davoir des signes de convention, jecrois que le moyen ne seraitpas à dédaigner,loi s même quon devrait envoyer le duplicatades transmissions , par des officiers capa-bles de bien rendre des ordres verbaux. Ony gagnerait toujours la rapidité.

seulement que ces événements se rapprocheronttoujours plus ou moins de lune des hypothèsesadoptées ou prévues, en sorte quon pourrait y re-médier par les mêmes moyens.