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CHAPITRE VU. — ART. XLIII.
généraux pour former les ailes, le centreou la réserve de l’armée (1).
Ce système fut définitivement consolidéau camp de Eoulogne, où l’on organisa descorps d’armée permanents sous des maré-chaux , qui commandaient trois divisionsd’infanterie, une de cavalerie légère, et 36à -40 pièces de canon avec des sapeurs. C’é-taient autant de petites armées, propres àformer, au besoin, toute entreprise parelles-mêmes. La grosse cavalerie fut réunieen une forte réserve, composée de deux di-visions de cuirassiers, quatre de dragons etune de cavalerie légère. Les grenadiersréunis et la garde, formèrent une belle ré-serve d’infanterie : plus tard, en 1812, lacavalerie fut aussi organisé en corps detrois divisions, afin de donner plus d’u-nité aux masses toujours croissantes decette arme.
II faut en convenir, cette organisationlaissait peu à désirer, et cette grande armée,qui fit effectivement de si grandes choses,fut bientôt le type sur lequel toute l’Europese modela.
Quelques militaires rêvant la perfectibi-lité de l’art, auraient voulu que la divisiond’infanterie, appelée quelquefois à combat-tre seule , fût portée de deux brigades àtrois, parce que ce nombre trois donne uncentre et deux ailes, ce qui est d’un avan-tage manifeste, puisque sans cela le nombredeux donne pour centre un vide, un inter-valle, et que les fractions formant les ailes,privées d’appui central, ne sauraient opererisolément avec la même sécurité. Outrecela, le nombre de trois permet d’engagerdeux brigades et d’en avoir une en réserve,
(1) Ainsi l’armée du Rhin étaitcomposée de l’ailedroite, sous Recourbe, trois divisions; du centre,sous Saint-Cyr, trois divisions ; et de la gauche, sousSainte-Suzanne, deux divisions ; le général en chefavait, en outre, trois divisions de réserve sous sesordres immédiats.
(2) Trente brigades, formées en quinze divisionsde deux brigades chacune, n’engageraient que
ce qui augmente évidemment les forces dis-ponibles pour le choc décisif. Mais si 30brigades, formées en 10 divisions de troisbrigades, valent mieux que réparties en 15divisions de deux brigades, ilfaudrait, pourobtenir cette organisation divisionnaire parexcellence, augmenter l’infanterie d’un tiersou réduire les divisions des corps d’arméeà deux au lieu de trois, ce qui serait unmal plus réel, puisque le corps d’arméeétant plus souvent appelé à combattre seulqu’une division, c’est surtout à lui que lenombre de trois convient le mieux (2).
Au demeurant, la meilleure organisationà donner à une armée qui entre en campa-gne, sera longtemps encore un problèmede logistique à résoudre, à cause de la dif-1 ficulté qu’on éprouve à la maintenir au mi-lieu des événements de la guerre et des dé-tachements incessants qu’ils nécessitentplus ou moins.
La grande armée de Eoulogne que nousvenons de citer, en est la preuve la plus évi-dente. Il semblait que son organisation par-faite dût la mettre à l’abri de toutes lesvicissitudes possibles. Le centre, sous lemaréchal Soult, la droite, sous Davoust, lagauche, sous Ney, la réserve, sous Lannes,présentaient un corps de bataille régulier etformidable de 13 .divisions d’infanterie,sans compter celles de la garde et des gre-nadiers réunis. Outre cela, les corps de Ber-nadotte et Marmont, détachés à droite, etcelui d’Augereau, détaché à gauche, étaientdisponibles pour agir sur les flancs. Maisdès le passage du Danube à Donawert, toutfut interverti : Ney, d’abord renforcé jus-qu’à 5 divisions, fut réduit à deux ; le corps
quinze brigades en première ligne; tandis que cestrente brigades, formées en dix divisions de troisbrigades, donneraient vingt brigades en premièreligne, et dix en seconde. Mais alors il faut dimi-nuer le nombre des divisions et n’en avoir que*deuxpar corps d’armée, ce qui serait fâcheux, puisqueles corps d’armée sont plus souvent appelés à ma-nœuvrer seuls que les divisions.