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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VU. ART. XLIII.

généraux pour former les ailes, le centreou la réserve de larmée (1).

Ce système fut définitivement consolidéau camp de Eoulogne, lon organisa descorps darmée permanents sous des maré-chaux , qui commandaient trois divisionsdinfanterie, une de cavalerie légère, et 36à -40 pièces de canon avec des sapeurs. Cé-taient autant de petites armées, propres àformer, au besoin, toute entreprise parelles-mêmes. La grosse cavalerie fut réunieen une forte réserve, composée de deux di-visions de cuirassiers, quatre de dragons etune de cavalerie légère. Les grenadiersréunis et la garde, formèrent une belle ré-serve dinfanterie : plus tard, en 1812, lacavalerie fut aussi organisé en corps detrois divisions, afin de donner plus du-nité aux masses toujours croissantes decette arme.

II faut en convenir, cette organisationlaissait peu à désirer, et cette grande armée,qui fit effectivement de si grandes choses,fut bientôt le type sur lequel toute lEuropese modela.

Quelques militaires rêvant la perfectibi-lité de lart, auraient voulu que la divisiondinfanterie, appelée quelquefois à combat-tre seule , fût portée de deux brigades àtrois, parce que ce nombre trois donne uncentre et deux ailes, ce qui est dun avan-tage manifeste, puisque sans cela le nombredeux donne pour centre un vide, un inter-valle, et que les fractions formant les ailes,privées dappui central, ne sauraient opererisolément avec la même sécurité. Outrecela, le nombre de trois permet dengagerdeux brigades et den avoir une en réserve,

(1) Ainsi larmée du Rhin étaitcomposée de lailedroite, sous Recourbe, trois divisions; du centre,sous Saint-Cyr, trois divisions ; et de la gauche, sousSainte-Suzanne, deux divisions ; le général en chefavait, en outre, trois divisions de réserve sous sesordres immédiats.

(2) Trente brigades, formées en quinze divisionsde deux brigades chacune, nengageraient que

ce qui augmente évidemment les forces dis-ponibles pour le choc décisif. Mais si 30brigades, formées en 10 divisions de troisbrigades, valent mieux que réparties en 15divisions de deux brigades, ilfaudrait, pourobtenir cette organisation divisionnaire parexcellence, augmenter linfanterie dun tiersou réduire les divisions des corps darméeà deux au lieu de trois, ce qui serait unmal plus réel, puisque le corps darméeétant plus souvent appelé à combattre seulquune division, cest surtout à lui que lenombre de trois convient le mieux (2).

Au demeurant, la meilleure organisationà donner à une armée qui entre en campa-gne, sera longtemps encore un problèmede logistique à résoudre, à cause de la dif-1 ficulté quon éprouve à la maintenir au mi-lieu des événements de la guerre et des dé-tachements incessants quils nécessitentplus ou moins.

La grande armée de Eoulogne que nousvenons de citer, en est la preuve la plus évi-dente. Il semblait que son organisation par-faite dût la mettre à labri de toutes lesvicissitudes possibles. Le centre, sous lemaréchal Soult, la droite, sous Davoust, lagauche, sous Ney, la réserve, sous Lannes,présentaient un corps de bataille régulier etformidable de 13 .divisions dinfanterie,sans compter celles de la garde et des gre-nadiers réunis. Outre cela, les corps de Ber-nadotte et Marmont, détachés à droite, etcelui dAugereau, détaché à gauche, étaientdisponibles pour agir sur les flancs. Maisdès le passage du Danube à Donawert, toutfut interverti : Ney, dabord renforcé jus-quà 5 divisions, fut réduit à deux ; le corps

quinze brigades en première ligne; tandis que cestrente brigades, formées en dix divisions de troisbrigades, donneraient vingt brigades en premièreligne, et dix en seconde. Mais alors il faut dimi-nuer le nombre des divisions et nen avoir que*deuxpar corps darmée, ce qui serait fâcheux, puisqueles corps darmée sont plus souvent appelés à ma-nœuvrer seuls que les divisions.