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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII. ART. XLIII.

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se trouvait réunie en un seul corps de ba-taille, subdivisé en première et secondelignes qui avaient chacune leur aile droiteet leur aile gauche. La cavalerie se plaçaitordinairement sur les deux ailes, et lartil-lerie , encore très-lourde à cette epoque ,était répartie sur le front de chaque ligne(on traînait du canon de 16, et il n y avaitpas dartillerie à cheval). Alors larmée,campant toujours réunie, se mettait enmarche par lignes ou par ailes, et commeil y avait deux ailes de cavalerie et deuxdinfanterie, si lon marchait par ailes,on formait ainsi, quatre colonnes. Quandon marchait par lignes, ce qui conve-nait surtout dans les marches de flanc,alors on ne formait que deux colonnes,à moins que, par des circonstances locales,la cavalerie ou une partie de linfanterieeussent campé en troisième ligne, ce quiétait rare.

Cette méthode simplifiait la logistique,puisque toute la disposition consistait à dire :« On marchera dans telle direction , par» lignes ou par ailes, par la droite ou> par la gauche. » On sortait rarementde cette monotone, mais simple forma-tion , et dans lesprit du système de guerrequon suivait, cétait ce quil y avait demieux à faire.

Les Français voulurent essayer à Minden une disposition logistique différente, enformant autant de colonnes que de brigades,et en ouvrant des chemins pour les conduirede front sur une ligne déterminée quellesne purent jamais former (1).

Si le travail de létat-major était facilitépar ce mode de camper et de marcher parlignes , il faut convenir quappliqué à unearmée de 100 ou 130,000 hommes , ce sys-tème produirait des colonnes sans fin, etquon aurait souvent des déroutes comme àRosbach (2).

La révolution française amena le système

(1) Chap. XV du Traité des grandes opérations.

des divisions , qui rompit la trop grandeunité de lancienne formation, et donna desfractions capables de se mouvoir pour leurpropre compte sur toute espèce de terrain,ce qui fut un bien réel, quoique lon tombâtpeut-être dun extrême dans un autre, enrevenant presque à lorganisation légion-naire des Romains. Ces divisions, compo-sées ordinairement dinfanterie, dartillerieet de cavalerie , manœuvraient et combat-taient séparément ; soit quon les étendîtoutre mesure pour les faire vivre sans ma-gasins, soit quon eût la manie de prolongersa ligne dans lespoir de déborder celle delennemi, on vit souvent les sept ou huit di-visions dont une armée se composait, mar-cher de front sur autant de routes à quatreou cinq lieues lune de lautre ; le quartiergénéral se plaçait au centre, sans autre ré-serve que cinq ou six minces régiments decavalerie de & à -400 chevaux ; en sorte quesi lennemi venait à réunir le gros de sesforces sur une de ses divisions et à la battre,la ligne se trouvait percée, et le général enchef, nayant aucune réserve dinfanteriesous la main, ne voyait dautre ressourceque de se mettre en retraite pour rallier sesforces morcelées.

Bonaparte, dans sa première guerre dI-talie , remédia à cet inconvénient, tant parla mobilité et la rapidité de ses manœuvres,quen réunissant toujours le gros de ses di-visions sur le point le coup décisif devaitse porter.

Lorsquil se fut placé à la tête de lÉtat,et quil vit chaque jour agrandir la sphèrede ses moyens et celle de ses projets, Napo­ léon comprit quune organisation plus forteétait nécessaire ; il prit donc un termemoyen entre lancien système et le nouveau,tout en conservant lavantage de lorganisa-tion divisionnaire. Il forma, dès la campa-gne de 1800 , des corps de deux ou troisdivisions , quil plaça sous des lieutenants-

(2) Chap. IV du Traité des grandes opérations.