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CHAPITRE VII. — ART. XLIII.
▼erra par le tableau ci-après (1) combiencette question de la meilleure formationest ‘subordonnée] à la force de l’armée etcombien elle est compliquée.
On ne saurait guère se régler aujourd’huisur les énormes masses mises en action de1812 à 1818, où nous avons vu une mêmearmée former jusqu’à 14 corps qui avaientde 2 jusqu’à 8 divisions. Avec de tellesforces, il est incontestable qu’on ne sauraitrien imaginer de mieux qu’une organisationpar corps d’armée de 8 divisions : on desti-nerait 8 de ces corps pour la ligne de ba-taille, et il en resterait 6 tant pour les déta-chements que pour renforcer tel point decette ligne qu’on jugerait convenable. Maispour appliquer ce système à des arméesdans les proportions déjà fort respectablesde 180,000 hommes seulement, on pourraità peine employer des divisions de 2 briga-des, là où Napoléon et les alliés employaientdes corps d’armée entiers.
En effet, si l’on destine 9 divisions pourformer le corps de bataille, c’est-à-dire,les deux ailes et le centre, et qu’on en des-tine 6 autres pour la réserve et les détache-ments éventuels, il faudrait 18 divisions ou80 brigades,|qui compteraient 180 batail-lons si les régiments sont de 8 bataillons.Or, cela suppose dqà une masse de 148,000fantassins, et une armée de 120,000 com-battants.
Avec des régiments de 2 bataillons , celan’exigerait, il est vrai, que 120 bataillonsou 96,000 fantassins; mais si les régimentsn’ont que 2 bataillons, alors la force deceux-ci doit être portée à 1,000 hommes, cequi donnerait toujours 120,000 fantassinset une armée 160,000 hommes. Ces calculsseuls prouvent combien le système de for-mation des fractions inférieures influe surcelui des grandes fractions.
Si une armée ne passe pas 100,000 hom-mes , la formation en divisions , comme en1800, vaudrait peut-être mieux que cellepar corps.
Après avoir recherché le meilleur modepour donner une organisation un peu stableau corps de bataille, il ne sera pas hors depropos d’examiner si cette stabilité est dési-rable , et si l’on ne trompe pas mieux l’en-nemi en changeant fréquemment la compo-sition des corps et leur emplacement.
Je ne nie pas ce dernier avantage, maisil est possible de le concilier avec celui queprocure la stabilité approximative dans l’or-dre de bataille. Si l’on réunit les divisionsdestinées aux détachements avec les aileset le centre, c’est-à-dire, si l’on compose cesfractions de 4 divisions au lieu de 3, et siparfois on ajoute une ou deux divisions àcelle des ailes qui serait le plus probable-ment destinée au choc principal, on auraaux ailes des corps qui seront dans le fond
(1) Toute armée a deux ailes , un centre et uneréserve, en tout quatre fractions principales, outreles détachements éventuels.
Voici les diverses formations qu’on peut donnerà l’infanterie :
1» En régiments de 2 bataillons à 800 hommes.
4 corps à 2 divisions — 8plus 3 div. pour détachem.
4 corps à 3 divisions —12plus 3 div. pour détachem.
7 corps d’armée à 2 divisionsplus un 8e pour détachem.
div.brig.bat. homm.
11 22 88 72,00015 30 120 96,000| 28 1 128 103,000
2° En régiments à 3 bataillons, brigades de 6bataillons.
div. brig. bat. bomin.11 22 132 105,000
15
16
30 180 144,00032 192 154,000
4 corps à 2 divisions outreles détachements.
4 corps à 3 divisions outreles détachements.
8 corps u 2 divisions ....
• Si à ces chiffres on ajoute un quart pour la cava-lerie, l’artillerie et sapeurs, on peut calculer laforce nécessaire pour ces diverses formations.
Il faut seulement observer que les régiments à 2bataillons de 800 hommes seraient bien faibles aubout de deux ou trois mois de campagne. S’ils n’ontpas 3 bataillons, il faudrait alors au moins que lesbataillons eussent J,000 hommes.