CHAPITRE VII. — ART. XLUI.
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de T divisions , mais qui par les détache-ments n’en auront ordinairement que trois,et parfois pourront être réduites à deux,tandis que l’aile opposée renforcée d’une
partie de la réserve, jusqu’à la concurrence
de 8 divisions, offrirait une différence asseznotable pour que l’ennemi ne sût jamais aujuste la force réelle des fractions du corpsde bataille qu’il aurait devant lui. Il y au-rait, par ce moyen, plus d’unite dans les or-dres de mouvements de l’état-major, plusde facilité pour les expéditions journalières,et cependant pas assez de régularité pourque l’ennemi sût toujours précisément à quiil aurait affaire. Mais je m’aperçois du resteque je m’engage trop loin dans une arèneoù je ne devais pas même entrer. C’est auxgouvernements à décider ces questions quiméritent un mûr examen, et doivent fairel’objet d’une instruction pour l’état-major.Instruction néanmoins qui ne saurait im-poser des chaînes absolues au généralissime,lequel doit toujours pouvoir régler la dis-tribution de ses forces selon ses vues parti-culières et l’étendue des entreprises qu’ilformerait.
En définitive, quels que soient la force etle nombre des subdivisions ou fractions deTannée, l’organisation par corps d’arméerestera probablement longtemps commetype normal chez toutes les grandes puis-sances continentales, et c’est d’après cettevérité que la ligne de bataille doit être cal-culée.
Si la répartition des troupes y est diffé-rente d’autres fois, la ligne de bataille enelle-même a subi aussi quelques change-ments qui résultent des réserves et de la ca-valerie légère attachée aux divers corpsd’infanterie. Jadis elle se composait ordi-nairement de deux lignes , aujourd’hui elleest composée de deux lignes avec une ou
(1) L’avant-garde étant tous les jours exposée enface de l’ennemi et formant même l’arrière—gardequand il s’agit de rétrograder, il semble assez juste,
plusieurs réserves. Mais, dans les dernierstemps , les masses européennes qui se sontchoquées étaient devenues si considérablesque les corps d'armée, formés eux-mêmessur deux lignes, se trouvant souvent placésl'un derrière l’autre, formaient ainsi quatrelignes ; et les corps de réserve étant formésaussi de même, il en résultait fréquemmentjusqu’à six lignes d’infanterie et plusieursde cavalerie; formation bonne peut-êtrepour une position préparatoire, mais quiest trop profonde pour le combat.
Quoi qu’il en soit, la formation classique,si l’on peut lui donner ce nom, est encore, àl’heure qu’il est, pour l’infanterie, celle surdeux lignes : l’étendue plus ou moins rétré-cie du champ de bataille, et la force desarmées pourront bien motiver quelquefoisune formation plus profonde, mais ce seratoujours à titre d’exception ou pour un coupde collier seulement, car Tordre sur deuxlignes, outre les réserves, paraissant suffirepour la solidité, et donnant plus de forcescombattant à la fois , semble bien aussi leplus convenable.
Lorsque l’armée possède un corps perma-nent d’avant-garde, ce corps peut aussi êtreformé en avant de la ligne de bataille ouretiré en arrière pour augmenter la ré-serve (1) ; mais comme on Ta déjà dit ail-leurs , cela arrive rarement d’après les for-mations actuelles et la manière de combinerles marches quelles nécessitent; chaqueaile de l’armée a sa propre avant-garde,et celle du corps de bataille se trouvetout naturellement fournie par les troupesdu corps d’armée qui marcherait en tête :quand on vient- en présence, ces divisionsrentrent dans leurs positions de bataille res-pectives. Souvent même les réserves de ca-valerie se trouvent presque en entier à l’a-vant-garde , ce qui n’empêche pas qu’au
au moment de la bataille, de lui donner un postemoins exposé que celui d’être placée en avant dela ligne de bataille.