Buch 
2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
Entstehung
Seite
203
JPEG-Download
 

CHAPITRE VII. ART. XLUI.

203

de T divisions , mais qui par les détache-ments nen auront ordinairement que trois,et parfois pourront être réduites à deux,tandis que laile opposée renforcée dune

partie de la réserve, jusquà la concurrence

de 8 divisions, offrirait une différence asseznotable pour que lennemi ne sût jamais aujuste la force réelle des fractions du corpsde bataille quil aurait devant lui. Il y au-rait, par ce moyen, plus dunite dans les or-dres de mouvements de létat-major, plusde facilité pour les expéditions journalières,et cependant pas assez de régularité pourque lennemi sût toujours précisément à quiil aurait affaire. Mais je maperçois du resteque je mengage trop loin dans une arène je ne devais pas même entrer. Cest auxgouvernements à décider ces questions quiméritent un mûr examen, et doivent fairelobjet dune instruction pour létat-major.Instruction néanmoins qui ne saurait im-poser des chaînes absolues au généralissime,lequel doit toujours pouvoir régler la dis-tribution de ses forces selon ses vues parti-culières et létendue des entreprises quilformerait.

En définitive, quels que soient la force etle nombre des subdivisions ou fractions deTannée, lorganisation par corps darméerestera probablement longtemps commetype normal chez toutes les grandes puis-sances continentales, et cest daprès cettevérité que la ligne de bataille doit être cal-culée.

Si la répartition des troupes y est diffé-rente dautres fois, la ligne de bataille enelle-même a subi aussi quelques change-ments qui résultent des réserves et de la ca-valerie légère attachée aux divers corpsdinfanterie. Jadis elle se composait ordi-nairement de deux lignes , aujourdhui elleest composée de deux lignes avec une ou

(1) Lavant-garde étant tous les jours exposée enface de lennemi et formant même larrièregardequand il sagit de rétrograder, il semble assez juste,

plusieurs réserves. Mais, dans les dernierstemps , les masses européennes qui se sontchoquées étaient devenues si considérablesque les corps d'armée, formés eux-mêmessur deux lignes, se trouvant souvent placésl'un derrière lautre, formaient ainsi quatrelignes ; et les corps de réserve étant formésaussi de même, il en résultait fréquemmentjusquà six lignes dinfanterie et plusieursde cavalerie; formation bonne peut-êtrepour une position préparatoire, mais quiest trop profonde pour le combat.

Quoi quil en soit, la formation classique,si lon peut lui donner ce nom, est encore, àlheure quil est, pour linfanterie, celle surdeux lignes : létendue plus ou moins rétré-cie du champ de bataille, et la force desarmées pourront bien motiver quelquefoisune formation plus profonde, mais ce seratoujours à titre dexception ou pour un coupde collier seulement, car Tordre sur deuxlignes, outre les réserves, paraissant suffirepour la solidité, et donnant plus de forcescombattant à la fois , semble bien aussi leplus convenable.

Lorsque larmée possède un corps perma-nent davant-garde, ce corps peut aussi êtreformé en avant de la ligne de bataille ouretiré en arrière pour augmenter la ré-serve (1) ; mais comme on Ta déjà dit ail-leurs , cela arrive rarement daprès les for-mations actuelles et la manière de combinerles marches quelles nécessitent; chaqueaile de larmée a sa propre avant-garde,et celle du corps de bataille se trouvetout naturellement fournie par les troupesdu corps darmée qui marcherait en tête :quand on vient- en présence, ces divisionsrentrent dans leurs positions de bataille res-pectives. Souvent même les réserves de ca-valerie se trouvent presque en entier à la-vant-garde , ce qui nempêche pas quau

au moment de la bataille, de lui donner un postemoins exposé que celui dêtre placée en avant dela ligne de bataille.