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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII. - ART. XLIV.

conserver celle sur trois rangs pour les li-gnes déployées , une armée *ne pouvantguère avoir deux modes de formation, oudu moins les employer alternativement dansun jour de combat. Dès lors quelle seraitlarmée européenne (si lon excepte les An­ glais ) que lon pût se hasarder à déployeren lignes sur deux rangs. Il faudrait dansce cas ne jamais se mouvoir quen colonnedattaque.

Jen conclus que le système employé parles Russes et les Prussiens, celui de formerla colonne de quatre divisions sur troisrangs, dont un peut au besoin être employéen tirailleurs, est celui qui sapplique leplus généralement à toutes les situations ;tandis que lautre dont nous avons parlé neconviendrait que dans certains cas, et exi-gerait un double mode de formation.

Indépendamment des deux ordres sus-mentionnés, il en existe un mixte, que Na­ poléon employa au Tagliamento et lesRusses à Eylau : leurs régiments de troisbataillons en déployèrent un en premièreligne, et formèrent les deux autres derrièrecelui-ci en colonnes sur les pelotons des ex-trémités (figure 2, planche A). Cette or-donnance , qui appartient aussi à lordredemi-profond, convient en effet à la défen-sive-offensive, parce que les troupes dé-ployées en première ligne résistent long-temps par un feu meurtrier dont leffetébranle toujours un peu lennemi : alors lestroupes formées en colonnes peuvent de-boucher par les intervalles et se jeter surlui avec succès. Peut-etre pourrait-on aug-menter lavantage de cette formation, enplaçant les deux bataillons des ailes sur lamême ligne que celui du centre qui seraitdéployé, de manière que les premières di-visions de ces bataillons seraient en ligne.II y aurait ainsi un demi-bataillon de pluspar chaque régiment dans la première li-gne, ce qui, pour le feu , ne serait pas in-différent ; mais il serait à craindre que cesdivisions se mettant à tirailler , les deux

bataillons gardés en colonnes pour les lan-cer sur lennemi, fussent moins facilementdisponibles. Toutefois, il y a bien des casun ordre pareil serait avantageux, cela suffitpour devoir lindiquer.

Lordre en masses frop profondes estcertainement le moins convenable (fig. 3).On a vu dans les dernières guerres des di-visions de 12 bataillons déployés et serrésles uns derrière les autres, formant 36 rangspressés et entassés. De pareilles masses sontexposées aux ravages de lartillerie, dimi-nuent la mobilité et limpulsion sans rienajouter à la force ; ce fut une des causes dupeu de succès des Français à Waterloo ; sila colonne de Macdonald réussit mieux àWagram, il lui en coûta cher, et sans laréussite des attaques de Davoust et dOudi-not sur la gauche de larchiduc, il nest pasprobable que cette colonne fût sortie vic-torieuse de la position elle se vit unmoment placée.

Quand on se décidé à risquer une pareillemasse, il faut du moins avoir soin détablirsur chaque flanc un bataillon marchant parfiles, afin que si lennemi venait à chargeren forces sur ses flancs, cela nobligeât pasla colonne à sarrêter ( Voyez figure 3) : pro-tégée par ces bataillons qui feront face àlennemi, elle pourra du moins continuer samarche jusquau but qui lui est assigné ;autrement cette masse inerte, foudroyéedes feux convergents auxquels elle na pasmême à opposer une impulsion convena-ble, sera mise en désordre comme la co-lonne de Fontenoy, ou rompue comme laphalange macédonienne le fut par PaulEmile.

Les carrés sont bons dans les plaines oucontre un ennemi supérieur en cavalerie ;on les formait jadis très-grands, mais il estreconnu que le carré par régiment est lemeilleur pour la défensive, et le carré parbataillon pour loffensive. On peut, selonles circonstances, les former en carrés par-faits ou en carrés longs, pour obtenir un