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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII. ART. XLIV.

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Dans lordonnance actuelle sur troisrangs, le bataillon ayant quatre divi-sions (1), cette colonne présenterait douzerangs en profondeur, ce qui donne, sansdoute, trop de non-combattants et trop deprise au canon. Pour diminuer ces inconvé-nients, on a proposé, toutes les fois qu 'onvoudrait employer linfanterie en colonnesdattaque, de la former sur deux rangs, dene placer que trois divisions de chaque ba-taillon lun derrière lautre, et de répandrela quatrième en tirailleurs dans les inter-valles des bataillons et sur les flancs, saufà les rallier derrière les trois divisions si lacavalerie ennemie venait à charger ( Voyezfigure 6). Chaque bataillon aurait, par cemoyen, 200 tireurs de plus, outre ceux quedonnerait laugmentation du tiers du fronten mettant le troisième rang dans les deuxpremiers. Ainsi il ny aurait au fait que sixhommes de profondeur, et on obtiendrait100 files de front et 400 tireurs pour chaquecolonne dattaque dun bataillon. Il y auraitainsi force et mobilité réunies (2). Un ba-taillon de 800 hommes, formé daprès laméthode usitée, en colonne de quatre divi-sions , présente environ 60 files à chaquedivision, et la première seulement faisantle feu de deux rangs, il ny aurait que 120coups à fournir par chacun des bataillonsainsi placés en ligne, tandis que, daprès lemode proposé, il en donnerait 400.

Mais tout en recherchant les moyensdobtenir plus de feu au besoin, il importede se rappeler aussi que la colonne datta-

(1) Le mot de division, employé pour exprimerquatre ou cinq régiments, comme pour désignerdeux pelotons dun même bataillon, forme uneconfusion dans le langage tactique quil importe-rait de faire cesser. Cest à lordonnance seule quece droit est réservé.

(2) Dans larmée russe on prend les tirailleursdans le troisième rang de chaque compagnie oudivision , ce qui réduit la colonne à huit rangs aulieu de douze, et procure plus de mobilité. Maispour la facilité de rallier les tirailleurs à la colonne,

que nest point destinée à tirer, et quelledoit réserver ce moyen pour un cas déses-péré ; car, si elle commence à faire feu enmarchant à lennemi, son impulsion devien-dra nulle et lattaque sera manquée. Outrecela, cet ordre aminci ne serait avantageuxque contre linfanterie, car la colonne surquatre sections de trois rangs, formant uneespèce de carré plein, vaudrait mieux con-tre la cavalerie. Larchiduc Charles setrouva bien à Essling, et surtout à Wagram,davoir adopté ce dernier ordre, que je pro-posai dans mon chapitre des principes gé-néraux de la guerre, publié en 1807 ; labrave cavalerie de Bessières ne put riencontre ces petites masses (%).

Pour donner plus de solidité à la colonneproposée, on pourrait, à la vérité, rappelerles tirailleurs et reformer la quatrième sec-tion ; mais on ne serait toujours que surdeux rangs , ce qui présenterait beaucoupmoins de résistance contre une charge,principalement sur les flancs. Si, pour atté-nuer cet inconvénient, on voulait former lecarré, bien des militaires croient que surdeux rangs, il offrirait moins de consistanceencore que la colonne. Cependant les carrésanglais nétaient que sur deux rangs à Wa­ terloo , et malgré les héroïques efforts de lacavalerie française, il ny eut quun seulbataillon denfoncé.

Jai exposé toutes les pièces du procès ;il me reste à observer que, si lon voulaitadopter la formation sur deux rangs pourla colonne dattaque, il serait difficile de

peut-être vaudrait-il autant y employer la quatrièmedivision entière, on aurait alors neuf rangs ou troisdivisions à trois rangs, contre linfanterie et la co-lonne pleine de douze rangs contre la cavalerie.

(3) M. de Wagner semble mettre en doute quejaie contribué à faire adopter cette formation :S. A. R- larchiduc Charles me la cependant assuréelle-même en 1814; car, en Autriche , ainsi quedans lordonnance française, la colonne nétaitusitée que pour les attaques de postes, et non pourles lignes de bataille.