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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII. ART. XLIV.

de pelotons, dans le but de couronner uneposition bien défendue, cest vouloir y ar-river en désordre comme un troupeau demoutons, ou plutôt cest vouloir ny arriverjamais.

Que doit-on conclure de tout ce que nousvenons de dire? 1° Que si lordre profondest dangereux, lordre demi-profond est ex-cellent pour l'offensive ; 2° Que la colonnedattaque par bataillons est le meilleur or-dre pour emporter une position, mais quilfaut diminuer autant que possible sa pro-fondeur , pour lui donner plus de feux aubesoin, et pour diminuer laction du feuennemi : il convient, en outre, de la couvrirpar beaucoup de tirailleurs et de la soutenirpar la cavalerie ; Que Tordre déployé enpremière ligne, avec la seconde ligne encolonne, est celui qui convient le mieux àla défensive ; 4° Que lun et lautre peuventtriompher selon le talent quaura un généralpour employer à propos ses forces disponi-bles , ainsi que nous lavons dit en traitantde linitiative, à larticle 16 et à larticle §50.

A la vérité, depuis que ce chapitre a étéécrit, les nombreuses inventions qui ont eulieu dans lart de détruire les hommes pour-raient militer en faveur de Tordre déployé,même pour aller à lattaque. Toutefois, il se-rait difficile de devancer les leçons quil fautattendre de lexpérience seule ; car, malgrétout ce que les batteries de fusées, les obu-siers de Schrapnel ou de Bourman, et mêmeles fusils de Perkins, peuvent offrir de me-naçant , javoue que jaurai de la peine aconcevoir un meilleur système pour con-duire de linfanterie à lassaut dune posi-tion, que celui de la colonne de bataillons.Peut-être même faudra-t-il songer à rendreà linfanterie les casques et cuirasses quelleportait au xv e siècle, avant de la jeter surlennemi en lignes déployées. Mais si Tonrevenait décidément à ce système déployé,il faudrait du moins , pour marcher à 1 at-taque, trouver un moyen plus favorable quecelui de longues lignes contiguè's, et adop-

ter, soit les colonnes à distances pour dé-ployer en arrivant sur la position ennemie ,soit les lignes rompues en échiquier, soitenfin la marche en bataille par le flanc despelotons, opérations toutes plus ou moinsscabreuses en face dun adversaire qui sau-rait en profiter. Cependant, connue nouslavons dit, un général habile peut, selonles circonstances et les localités , combinerlemploi des deux systèmes.

Si lexpérience ma prouvé depuis long-temps, que lun des problèmes les plus dif-ficiles de la tactique de guerre était le meil-leur mode de former les troupes pour allerau combat , jai reconnu aussi que vouloirrésoudre ce grand problème dune manièreabsolue et par un système exclusif, est choseimpossible.

Dabord la nature des contrées diffèreessentiellement : il y en a Ton peut ma-nœuvrer avec 200,000 hommes déployés,comme en Champagne : il y en a dautres,comme lItalie , la Suisse , la vallée du Rhin ,la moitié de la Hongrie , Ton peut àpeine déployer une division de dix batail-lons. Le degré dinstruction des troupes àtoutes sortes de manœuvres, leur armementet leur caractère national, peuvent aussiavoir de linfluence sur les formations.

Grâce à la grande discipline de linfan-terie russe et à son instruction pour les ma-nœuvres de toute espèce , il est possibleque Ton parvienne à la mouvoir en grandeslignes, avec assez dordre et densemblepour lui faire adopter un système qui serait,je crois, impraticable avec des Français oudes Prussiens daujourdhui. Mon expé-rience dans ce genre ma appris à croiretout possible, et je ne suis pas du nombredes orthodoxes qui nadmettent quun mêmetype et un même système pour toutes lesarmées comme pour tous les pays.

Pour approcher le plus possible de lasolution du problème, il me semble doncque Ton doit rechercher :

a) Le meilleur mode de se mouvoir en