CHAPITRE VU. — ART. XLIV.
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vtte de l’ennemi, mais encore hors de portéede ses coups.
b ) Le meilleur mode d’aborder à l’attaque.
c) Le meilleur ordre de bataille défensif.> Quelque solution que l’on donne à cesquestions, il me paraît convenable, danstous les cas, d’exercer les troupes :
1° A la marche en colonnes de bataillonssur le centre pour déployer, si 1 on veut, àportée de mousquet, ou pour aborder l’en-nemi avec les colonnes mêmes s’il le faut ;
2° A la marche en lignes déployées et con-tiguës par 8 ou 10 bataillons à la fois ;
8° A la marche en échiquier de bataillonsdéployés, qui offrent des lignes brisées plusfaciles à mouvoir que de longues lignes con-tiguës ;
4° A la marche en avant par les flancs despelotons;
5° A la marche en avant par petits carrés,soit en ligne , soit en échiquier ;
6° Aux changements de front, par lemoyen de ces diverses méthodes de mar-cher ;
7° Aux changements de front exécutés pardes colonnes de pelotons à distances en-tières, pour se reformer sans déploiement ;moyen qui est plus expéditif que les autresmanières de changer de front, et qui s’adaptemieux à toutes les espèces de terrain.
De toutes les manières de se mouvoir enavant, la marche par les flancs de pelotonsserait la plus aisée si elle n’offrait pas quel-que danger; en plaine, elle va à merveille,dans un terrain coupé, c’est la plus com-mode. Elle a l’inconvénient de fractionnerbeaucoup la ligne, mais en y habituant leschefs et les soldats , en dressant bien lesguides de pelotons et les drapeaux direc-teurs, on pourrait éviter toute confusion. Laseule objection qu’on pût lui faire, serait lacrainte d’exposer des pelotons morcelés auxdangers d’un hourra de cavalerie. Je ne niepas le danger, mais on peut l’éviter, soit ense faisant bien éclairer par la cavalerie, soiten n’employant point cet ordre trop près
de l’ennemi, mais seulement pour franchirla première partie d’un grand espace quiséparerait les deux armées. Au moindresigne de l’approche de l’ennemi, la ligneserait reformée en une seconde, puisqu’ilne faut que le temps nécessaire à un pelotonpour se mettre par files en ligne au pas decourse. Toutefois, quelques précautions quel’on prenne, il faut avouer néanmoins quecette manœuvre ne saurait être employéequ’avec des troupes très-disciplinées et bienexercées , mais jamais avec des milices oude jeunes soldats. Je ne l’ai jamais vu fairedevant l’ennemi, mais seulement dans desmanœuvres, et, pour les changements defront surtout, cela était employé avec suc-cès : on pourrait toujours en essayer dansles grandes manœuvres d’cté.
J’ai vu aussi essayer des marches en lignesde bataillons déployés en échiquier ; cesmarches allaient fort bien, tandis que cellesen lignes pleines ou contiguës allaient tou-jours horriblement mal ; les Français sur-tout n’ont jamais bien su marcher en lignesdéployées. On trouvera peut-être que cesmarches en échiquier seraient aussi dange-reuses eu cas d’une charge inopinée de ca-valerie ; on pourrait cependant les employerpour le premier moment de la marche, afinde la rendre plus aisée, alors les secondséchiquiers entreraient en ligne avec les pre-miers avant d’assaillir l’ennemi. D’ailleurs,en mettant peu de distance entre les échi-quiers, il serait toujours facile de former laligne à l’instant d’une charge, car il ne fautpas oublier que les échiquiers ne constituentpas deux lignes , mais une seule que l’onaurait fractionnée pour éviter le flottementet le désordre d’une marche en ligne cou -tiguë.
La meilleure formation pour aborder sé-rieusement l’ennemi n’est'pas moins difficileà préciser ; de tous les essais que j’ai vufaire , celui qui m’a paru le mieux réussirétait la marche de 24 bataillons , sur deuxlignes de colonnes de bataillons, formés sur