CHAPITRE VII. — ART. XLV.
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ramené si îa charge est malheureuse. Seu-lement il est bon d’observer que, dansl’échiquier, la distance peut être moindreque dans la ligne pleine. Dans aucun cas,la seconde ligne ne saurait être pleine. Ondoit la former en colonne par divisions, oudu moins y laisser des ouvertures de deuxescadrons, qu’on peut ployer eu colonnessur le flanc de chaque régiment, pour faci-liter l’écoulement des troupes ramenées ;
2“ Dans l’ordre en colonnes d'attaque surle centre, la cavalerie doit être par régi-ments, et l’infanterie seulement par batail-lons. Pour bien se prêter à cet ordre, ilfaut alors des régiments de six escadrons,afin qu’en se ployant sur le centre par di-visions, ils puissent en former trois. S’ilsn’avaient que quatre escadrons, ils ne for-meraient alors que deux lignes ;
ei° La colonne d’attaque de cavalerie nedoit jamais être serrée comme celle de l’in-fanterie, mais à distance ou demi-distanced’escadron, afin d’avoir du champ pourdéboiter et charger. Cette distance ne s’en-tend, au reste, que pour les troupes lancéesau combat ; lorsqu’elles sont au repos der-rière la ligne, on peut les serrer pourcouvrir moins de terrain et diminuer l’es-pace qu’elles auraient à parcourir pours’engager, bien entendu néanmoins que cesmasses seront à l’abri ou hors de portéedu canon ;
•4° L’attaque de flanc étant plus à redou-ter dans la cavalerie que dans un combatd’infanterie contre infanterie, il est néces-saire d’établir, sur les extrémités d uneligne de cavalerie, quelques escadronséchelonnés par pelotons, pour qu’ils puis-sent se former par un à-droite ou un à-gau-che contre l’ennemi qui viendrait inquiéterle flanc ;
S° Par le même motif, il est essentiel,comme on l’a déjà dit, de savoir lancer àpropos quelques escadrons sur les flancsd’une ligne de cavalerie que l’on est prèsd’aborder; si l’on a de la cavalerie irrégu-
lière avec soi, c’est surtout à cela que l’ondoit l’utiliser dans le combat, car pour cetusage elle vaut autant, et peut-être mieux,que la régulière ;
6° Une observation importante aussi, c’estque dans la cavalerie surtout, il est bonque le commandement du chef s’étende euprofondeur plutôt qu’en longueur. Parexemple, dans une division de deux bri-gades qui déploierait, il ne serait pas bonque chaque brigade formât une seule lignederrière l’autre, mais bien que chaque bri-gade eut un régiment en première ligne etun en seconde : ainsi, chaque unité de laligne aura sa propre réserve derrière elle,avantage qu’on ne saurait méconnaître, carles événements vont si vite dans les charges,qu’il est impossible à un officier générald’être maître de deux régiments déployés.
Il est vrai qu’en adoptant ce mode, cha-que général de brigade aura la faculté dedisposer de sa réserve , et qu’il serait bonnéanmoins d’en avoir une pour toute la di-vision ; c’est ce qui fait penser que le nom-bre de cinq régiments par division convientfort bien à la cavalerie. Si elle veut donneren ligne par brigades de deux régiments,le cinquième sert de réserve générale der-rière le centre. Si l’on veut, on peut aussiavoir trois régiments en ligne , et deux eucolonne derrière chaque aile.
Préfère-t-on, au contraire , prendre unordre mixte en ne déployant que deux régi-ments à la fois et gardant le reste en colon-nes? Dans ce cas, on a aussi un ordre con-venable , puisque trois régiments , forméspar divisions derrière la ligne des deuxpremiers, en couvrent les flancs et le centre,tout en laissant des intervalles pour ccoulerla première ligne si elle est battue. ( Voyezla figure 10 de la planche A. )
7° Deux maximes essentielles sont géné-ralement admises pour les combats de ca-valerie contre cavalerie : l’une est que toutepremière ligne doitêtre tôt ou tard ramenée ;car, dans la supposition même où elle au-