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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE VII.ART. XLVII.

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ARTICLE XLVII.

De l emploi combiné des trois armes.

Pour terminer entièrement ce précis, ilrestait a parler de lemploi combiné des troisarmes : mais combien de variations minu-tieuses ce sujet ne présenterait-il pas, silon avait la prétention de pénétrer danstous les détails quexige lapplication desmaximes générales indiquées pour chacunede ces armes en particulier?

Plusieurs ouvrages, et les allemands sur-tout, ont sondé cet abîme sans fond, et ilsnont obtenu de résultats passables, quenmultipliant à linfini les exemples pris dansles petits combats partiels des dernièresguerres. Ces exemples suppléent, en effet,aux maximes , lorsque lexpérience démon-tre quil serait impossible den donner defixes. Dire que le commandant dun corpscomposé des trois armes, doit les employerde manière à ce quelles sappuient et sesecondent mutuellement, semblerait uneniaiserie, et cest néanmoins le seul dogmefondamental quil soit possible détablir ;car vouloir prescrire à ce chef la manièredont il devra sy prendre dans toutes les cir-constances , ce serait sengager dans un la-byrinthe inextricable : or, comme le but etles bornes de cet aperçu ne me permettentpas daborder de pareilles questions, je nepuis mieux faire que de renvoyer les offi-ciers aux ouvrages spéciaux qui les onttraitées avec le plus de succès.

Placer les différentes armes selon le ter-rain, selon le but quon se propose, et celuique lon peut supposer à lennemi ; combi-ner leur action simultanée daprès les qua-lités propres à chacune delles, en ayantsoin de les faire soutenir réciproquement ;

(1) Voyez Histoire critique des guerres de Fré-déric, celle des Guerres de la révolution, et lafie de Napoléon que jai publiées.

(2) Le fameux proverbe espagnol , il fut brave

voilà tout ce que lart peut conseiller cestdans létude des guerres, et surtout dans lapratique, quun officier supérieur pourraacquérir ces notions, ainsi que le coup dceilqui inspire leur application opportune. Jecrois avoir rempli la tâche que je métaisimposée, et je vais passer successivement àla narration des guerres mémorables,mes lecteurs trouveront à chaque pas loc-casion de sassurer que lhistoire militaire,accompagnée de saine critique , est bien lavéritable école de la guerre (1).

CONCLUSION»

Nous nous sommes efforcé de retracer lespoints principaux qui nous ont paru suscep-tibles dêtre présentés comme maximes fon-damentales delà guerre.Toutefois, la guerredans son ensemble nest point une science,mais un art. Si la stratégie surtout peutêtre soumise à des maximes dogmatiquesqui approchent des axiomes des sciencespositives, il nen est pas de même de len-semble des opérations dune guerre, et lescombats entre autres échapperont souventà toutes les combinaisons scientifiques, pournous offrir des actes essentiellement drama-tiques, dans lesquels les qualités person-nelles, les inspirations morales et mille au-tres causes, joueront parfois le premier rôle.Les passions qui agiteront les masses appe-lées à se heurter, les qualités guerrières deces masses, le caractère, lénergie et les ta-lents de leurs chefs ; lesprit plus ou moinsmartial, non-seulement des nations, maisencore des époques (2) : en un mot, tout ceque lon peut nommer la poésie et la méta-physique de la guerre, influera éternelle-ment sur ses résultats.

tel jour, peut sappliquer aux nations comme auxindividus : on ne saurait comparer les Français deRosbach à ceux de Jéna, ni les Prussiens de Prenz-low à ceux de Dennevvitz.