ao INTRODUCTION,
en avait pour ainsi dire pris possession en mêmetems que du trône d’Espagne . La généreuse ré-solution du peuple espagnol rendait leur posi-tion embarrassante ; aussi attendaient-ils avecanxiété que la fortune se prononçât pour suivrele parti qu’elle favoriserait : toutefois il y eutd’honorables exceptions.
L’Espagne offrit alors un grand spectacle.Sans armées ( a ), sans argent, trahie par sonroi, abandonnée d’une partie des grands, seschefs naturels, elle osa lutter contre Napo-léon , dont les troupes occupaient une partiede ses pi’ovinces et de ses places fortes. L’anti-quité (5), tant vantée, n’offre point d’exempled’un grand peuple ayant pris spontanément unesi héroïque résolution.
Napoléon avait mal jugé les Espagnols ; il neles connaissait que par leur gouvernement etpar ceux d’entre eux qui avaient accompagnéla maison royale d’Espagne à Bayonne ; il nepouvait penser qu’abandonnés ainsi à eux-mêmes , ils osassent braver sa puissance ; il lescroyait d’ailleurs incapables de faire de grands
( a ) L’armée espagnole était très-peu nombreuse , et Napo-léon retenait en Dancmarck un torps composé de l’élite de cettearmée, que Charles IV avait mis à sa disposition ; ce corps étaitcommandé par le marquis de La Romana, connu seulementalors par son immense érudition.