INTRODUCTION. 25
bonne mesure : leurs efforts avaient été simul-tanés, mais sans ensemble, et jusqu’alors lesprovinces n’avaient été guidées que par leurseul patriotisme ; ils créèrent une junte centrale,composée de trente-quatre députés , envoyéspar les juntes de province, et remirent entre sesmains tout le pouvoir du roi captif.
Si les Espagnols avaient conçu une tropbonne opinion de la valeur de leurs troupes ,Napoléon , au contraire, les méprisait trop, etne tenait point assez de compte de leur espritna-tional ; il s’imaginait qu’il aurait bientôt étoufféce qu’il appelait l’insurrection espagnole.
Tandis que les affaires d’Espagne occupaientainsi Napoléon, l’Autriche augmentait son ar-mée , et semblait se préparer sourdement à laguerre; elle protestait néanmoins de son désirde conserver la paix; et, soit que Napoléon fûttrompé, ou que l’espérance de soumettre bien-tôt l’Espagne l’engageât à laisser croire qu’ill’était, il se contenta des protestations du cabi-net autrichien. Avant toutefois que de pénétreren Espagne , il voulut non-seulement s’assurerque les vues politiques d’Alexandre et les senti-rnens de ce monarque à son égard n’étaientpoint changés, mais encore resserrer les liensqui les unissaient. Ces deux monarques étaient