INTRODUCTION.
109
quinze jours, et pour lui demander s’il avaitreçu les pouvoirs nécessaires pour conclure letraité qu’il proposait. Ce retard et cette ré-ponse prouvaient que Napoléon cherchait à ga-gner du tems ; aussi Kourakin, n’obtenant pasde réponse catégorique, demanda-t-il ses pas-seports ; mais il ne put les obtenir que plustard : on le retint par le même motif qui avaitfait différer de lui répondre.
Napoléon entreprenait sans doute de porterla guerre en Russie pour faire ployer cettepuissance sous son joug ; mais son caractèreeut aussi une grande part dans ses résolutions ;autrement il aurait attendu, pour commencercette nouvelle guerre, que l’Espagne fût asser-vie. Il était déjà las du repos dont il jouissaitdepuis son mariage. La guerre n’était pas seu-lement pour lui un moyen d’atteindre un but ;c’était un passe-tems plein de charmes, un jeuqui lui inspirait le plus vif intérêt.
Les revers que ses armes éprouvèrent en Es-pagne en 1811 et au commencement de 1812 ,le jetèrent dans la plus vive incertitude ; il sentaitcombien il était impolitique de faire la guerreà la Russie dans de telles conjonctures, et qu’ilaurait fallu condescendre momentanément auxpropositions d’Alexandre. La politique l’exi-