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Tome premier.
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165
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LIVRE I.

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L’esprit qui animait les militaires des diffé-rentes nations qui composaient l’armée diffé-rait selon leurs intérêts.

Les Polonais, excités par l’espoir du réta-blissement du royaume de Pologne (6) et parle désir de venger tant de sanglans outragesqu’ils avaient reçus des Russes , entreprenaientcette guerre avec enthousiasme.

Les Prussiens se voyaient avec douleur rangéssous les bannières d’un homme qui leur avaitfait tant de mal, avait si cruellement blesséleur orgueil national et les tenait dans une vé-ritable servitude ; ils savaient qu’une nécessitéimpérieuse avait forcé leur roi à s’allier avec lui.

Les Autrichiens, après avoir lutté vingt anscontre la France , rougissaient d’être rangésparmi ses auxiliaires et en murmuraient haute-ment : la politique, qui fait taire les passions,avait dicté les résolutions de leur cabinet, ainsique la suite le prouva.

Les militaires des autres nations ne dégui-saient pas leur mécontentement ; mais lorsquedes ti’oupes sont disciplinées , elles font leur de-voir , quelle que soit l’opinion qui les anime.

Après être resté quatre jours à Kœnigsberg ,pendant lesquels il passa plusieurs corps d’ar-mée en revue et termina ses dispositions pour