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Tome premier.
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i64 EXPÉDITION DE RUSSIE ,véritable fléau , parce qu’ils marchent avec latroupe, n’avaient jamais été aussi nombreux ;cela tenait aux provisions de vivres que la crainted’en manquer avait fait faire, au luxe (5) quis’était introduit dans l’armée avec les succès, àcelui de Napoléon que l’on imitait. Ses équi-pages , réduits dans les précédentes guerres austrict nécessaire, se composaient d’un grandnombre de voitures, de fourgons et de mu-lets chargés ; ils contenaient des tentes pourtoute sa suite, et même pour ses chevaux : onne se servit que de celles qui étaient destinéesà son usage particulier ; les autres ne furentpas tendues une seule fois pendant toute lacampagne. Enfin, on remarquait à sa suitebeaucoup de personnes inutiles à la guerre;ainsi l’armée était accompagnée et suivie d’unetrès-grande quantité d’employés et de voitures :sa queue , si je puis m’exprimer ainsi , achevaitbientôt la dévastation des pays qu’elle avaitparcourus.

En considérant cette quantité de vivres , d’é-quipages, de bagages, et ce grand nombred’ouvriers de toute espèce, on aurait été tentéde croire que Napoléon avait l’intention defonder des colonies dans des pays lointains etdénués de ressources.