étaient en marche ou bivouaqués. Les chemins,généralement difficiles dans un pays couvert debois et de marais , ne sont pas entretenus ; ilssuffisent aux besoins des habitans, parce quel’hiver on ne se sert que de traîneaux, et quel’été ils sont assez hons pour les voitures légèresdu pays ; mais pendant les dégels ils deviennenttrès-mauvais, et sont peu fréquentés. Les pluiesextraordinaires qui survinrent alors produisi-rent l’effet d’un dégel; la grande quantité et lapesanteur de nos voitures achevèrent de rendreles chemins impraticables.
Tous les corps en marche furent retardés ;quantité de chevaux périrent ; on trouvait surla seule route de Wilna plus de dix mille de leurscadavres , qui y répandaient l’infection. Les sol-dats souffrirent beaucoup aussi, et il y en eutquelques-uns qui succombèrent ; un plus grandnombre vint encombrer les hôpitaux qu’on sehâta d’établir : ces établissemens manquèrent detout pendant les premiers jours, par suite de ladifficulté que l’on éprouve à trouver en Pologne ce qui est nécessaire pour les former et à causedu grand nombre des malades. L’ennemi auraitattaqué avec avantage s’il eût eu assez de forcepour le tenter ; mais, trop faible, il continuait àse retirer.
Dans ces premières journées de l’invasion,