LIVRE 1.
ZUj
tête de pont. On ne saurait néanmoins blâmerOudinot de n’avoir point prolongé une affairequi exposait ses troupes au feu meurtrier de laplace, et n’offrait aucune chance probable desuccès.
La guerre offre beaucoup d’exemples d’entre-prises dont la réussite est physiquement impos-sible , qu’on est blâmable d’avoir tentées, et quise trouvent cependant couronnées du succès parsuite des craintes qu’elles inspirent à l’ennemi.
Le lendemain ( 1 4 juillet), Oudinot remontala Dwina pour se rapprocher de Murat. Na-poléon blâma le mouvement sur Diinaburg,parce qu’il avait été exécuté sans son ordre, etqu’il contrariait la grande opération qu’il étaitsur le point d’entreprendre. Pendant qu’Ou-dinot remontait la Dwina, Wittgenstein ayantremarqué que la petite ville de Druia n’était oc-cupée que par un faible détachement de cavale-rie , fit, dans la nuit du 14 au 1 5 juillet, jeter unpont sur ce fleuve. Sa cavalerie, sous le com-mandement de Koulnief, l’y passa aussitôt,surprit Sebastiani qui était campé près de Druiaavec sa division , et après lui avoir fait essuyerquelque perte, le força à se replier sur Slobodka.Cette affaire n’eut d’ailleurs et ne pouvait avoiraucune suite.