LIVRE I.
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hâte, et alors Barklay ne pouvait se flatter devaincre. En supposant même qu’un ordre dechoses plus favorable lui eût donné des espé-rances fondées, il ne devait pas moins éviterd’en venir aux mains , puisqu’un succès ne pou-vait avoir que peu d’importance, tandis qu’unrevers forçait la Russie à subir la loi du vain-queur : en se retirant, il conservait son arméeintacte , gagnait du tems, se rapprochait de sesmoyens , et rétablissait peu à peu l’équilibrenumérique entre lui et son adversaire. Napo-léon , au contraire , voyait fondre son arméeavec une rapidité étonnante, et croître la diffi-culté du recrutement. Enfin l’hiver, si rigoureuxdans ces climats , s’avançait et devait mettrefin aux opérations régulières.
Tandis que Murat tenait Barklay en échecdans son camp retranché de Drissa, Napoléonfaisait marcher Eugène, Saint-Cyr, et sa gardesur sa droite, dans la direction de Witepsk .Lorsque ce mouvement fut assez prononcé pourque le général russe ne pût avoir aucun doutesur la véritable direction de ces corps, Napo-léon quitta Wilna de sa personne le 16, à onzeheures et demie du soir, pour diriger lui-mêmecette grande opération. Au moment de partir,il avait appris l’échec de la division Sebastiani,