Band 
Tome premier.
Seite
236
JPEG-Download
 

236 EXPÉDITION DE RUSSIE .

de cette confiance que donne l’habitude devaincre , de l’expérience et des talcns de sonchef, l’armée de Barklay ne comptait plusqu’environ soixante et dix mille hommes detroupes régulières , forces bien inférieures àcelles de Napoléon ; que pouvait-il opposer à lagarde impériale , corps d’élite plus nombreuxalors qu’il ne l’avait jamais été ? Enfin, en sup-posant même qu’il fût en mesure pour tenterle sort d’une bataille, un succès ne le débar-rassait pas de son ennemi, un revers pouvaitplonger la Russie dans l’abîme. Il fit sagementd’engager des combats d’arrière-garde sur unterrain où l’on ne pouvait employer qu’unnombre borné de troupes. Il entretenait ainsison armée dans l’habitude de combattre, etlui faisait connaître son ennemi. Néanmoinsil aurait dû défendre le terrain avec plus d’o-piniâtreté , puisque les localités le lui permet-taient , et qu’il pouvait facilement réparer sesperles, tandis que son adversaire, qui était àde grandes distances de ses ressources, ne lepouvait que difficilement. Ces combats furentsanglans ; les Russes y eurent l’avantage de laposition , les Français ceux qui naissent de l’of-fensive.

Le 27 au soir, les deux armées, séparées seu-