LIVRE I. 245
étaient nourries chez l’habitant, la maraudeétait réprimée avec sévérité : dans cette nou-velle guerre, quoique l’armée fût déjà parvenueà une grande distance de la frontière , l’ordrene se rétablissait point ; l’habitant était soumisaux memes exactions que dans les premièresjournées de l'invasion. On n’avait organisé dedistributions que dans quelques-unes des éta-pes, encore étaient-elles incertaines, à causede la difficulté des approvisionnemens (ii>) ;souvent aussi, quoique les magasins fussentremplis, on refusait les distributions, ou 011les faisait insuffisantes. A Kowno , la naviga-tion du Niémen permit de former, peu aprèsle passage de l’armée, d’immenses magasins ;cependant on y refusait de l’avoine sous pré-texte qu’on devait l’envoyer à Wilna ; et lestroupes n’y recevaient que pour trois jours devivres, pour atteindre [cette ville, comme s’iln’eût pas mieux valu retarder de quelques joursleur arrivée à l’armée, que de les faire mar-cher avec une rapidité si funeste aux hommeset aux chevaux. Les corps et les détachemensn’employaient que le tems ordonné à parcourircette distance ; les parcs d’artillerie, les autresconvois moins bien attelés que l’artillerie desbatteries, et les soldats qui sortaient des hôpi-