LIVRE IL 5g
corps la proclamation (a) distribuée la veille}elle était conçue en ces termes :
a Soldats ! voilà la bataille que vous avez tant» désirée ! Désormais la victoire dépend de vous 5» elle nous est nécessaire; elle nous donnera» l’abondance, de bons quartiers d’hiver , et» un prompt retour dans la patrie ! Conduisez-» vous comme à Austerlitz, à Friedland , à» Witepsk , àSmolensk; et que la postérité la» plus reculée cite votre conduite dans cette» journée. Que l’on dise de vous : Il était à cette» grande bataille sous les murs de Moskou ! »
Les esprits n’étaient pas disposés à l’enthou-siasme ; cette proclamation fut l'eçue froide-ment. Napoléon promettait aux troupes cequ’elles désiraient le plus vivement, la fin de laguerre et un prompt retour dans leurs foyers ;mais l’accomplissement de la première promessedépendait des événemens, et l’on doutait qu’ilvoulût réaliser la seconde. On se souvenait quedepuis la bataille d’Austerlitz aucun des régi-mens de l’armée (à l’exception de ceux de la
(a) Napoléon avait envoyé sa proclamation aux comman-dans des corps d’armée ; ceux-ci en avaient fait faire des copiespour les chefs de régimens, qui en firent faire de nouvellescopies pour leurs capitaines. Au point du jour, immédiatementaprès avoir pris les armes, les capitaines réunirent leurs com-pagnies en cercle et leur lurent la proclamation.