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Tome deuxième.
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EXPÉDITION DE RUSSIE ,garde) n’avait revu la France que pour la tra-verser en allant en Espagne ; on blâmait haute-ment son ambition ; on trouvait qu’il y avait dela folie à s’enfoncer, comme il le faisait, enMoskovie.

De pareilles clameurs s’étaient fait entendreen Prusse lorsqu’on marchait sur Eylau : ceconquérant n’y faisait point attention, il savaitque la première bataille gagnée les faisait cesseren partie, parce que ceux qui remplacent lesmorts , satisfaits d’avoir obtenu de l’avance-ment , ne pensent plus à se plaindre, ou trou-veraient honteux de le faire. Il savait aussiqu’une armée aguerrie et couverte de lauriersmoissonnés en tant de combats, sentait renaîtreses souvenirs de gloire au moment d’en veniraux mains; qu’elle connaissait les avantagesdont jouissent les vainqueurs , les calamités quiaccablent les vaincus ; qu’ainsi le désir de vain-cre s’emparait alors de tous les coeurs, et nelaissait de place à aucun autre sentiment.

L’armée de Napoléon , composée en majoritéde troupes françaises, s’élevait environ à centvingt mille hommes; l’armée de Koutousof necomptait que quatre-vingt douze mille hommesde troupes régulières (n), auxquelles il fautajouter les dix mille hommes de la milice de