LIVRE II. 61
Moskou . Je ne parle point des troupes irrégu-lières , qui sont de peu d’utilité un jour de ba-taille. Indépendamment de l’avantage du nom-bre , Napoléon avait une supériorité incontesta-ble en grosse cavalerie; son infanterie était com-posée de soldats éprouvés par la guerre, les fa-tigues , les privations, tandis que celle de sonadversaire contenait un grand nombre de re-crues. L’armée française comptait cinq centquatre-vingt-sept bouches à feu, celle des Rus-ses plus de six cents. Aucune armée n’avait jus-qu’alors , proportion gardée du nombre de sescombattans, traîné une aussi grande quantitéd’artillerie.
Au point du jour, Koutousof vint s’établir desa personne en arrière du village de Gorka , à ,gauche et près de la grande route ; il était àpied , portait une redingote d’uniforme, et étaitcoiffé d’un bonnet de police sous lequel était unserre-tête; il avait près de lui Béningsen. Na-poléon se plaça en avant et un peu à gauchede la redoute , dont on s’était emparé le 5 , surle bord d’un petit ravin qui se rend à la Kaiot-cha; il était aussi à pied et portait l’uniforme deschasseurs de sa garde ; il avait près de lui Ber-thier.
La bataille commença tout à coup , vers les